5,7 milliards, c’est la subvention prévue par l’Etat en faveur des régimes spéciaux de retraite en 2010. En dépit des réformes récentes, ces régimes particuliers seraient en faillite si le contribuable ne venait pas, une fois de plus, à leur aide. Ils distribuent en effet structurellement plus de prestations qu’ils n’encaissent de cotisations.
Le régime spécial de la SNCF représentera l’essentiel de cette dépense, avec 3,1 milliards. Cette caisse, pourtant dite « autonome », est seulement financée à 36% par les cotisations de ses actifs, le reste provenant de transferts, compensations ou contributions publiques. Viennent ensuite le fonds de retraite des mines et le régime de retraite des marins avec respectivement 972 et 793 millions d’euros de subventions publiques, chiffres n’intégrant pas plus de 800 millions d’euros de compensations autres. Le fonds des mines, avec 0,03 actif par retraité, dépend à 98% des transferts d’autres régimes et des contribuables ; celui des marins, avec 0,29 actif par retraité, dépend à 89% de ces transferts. De quoi faire passer la RATP pour un bon élève, avec des cotisations sur les actifs représentant 45% des prestations versées.
On pourrait penser que la situation va rapidement s’améliorer suite à la mise en œuvre en 2008 des réformes des régimes spéciaux de la SNCF et de la RATP. Rien n’est moins sûr. Les dotations publiques à ces deux régimes ont augmenté de 10% en deux ans et un récent rapport sénatorial montre que « que les contreparties salariales accordées aux salariés de la SNCF et de la RATP représenteraient un fort potentiel de dépenses supplémentaires et viendraient « grever » les économies attendues de la réforme ».
Selon son auteur « A la SNCF, les gains engrangés à court terme s’annuleraient à moyen terme. A la RATP, la réforme engendrerait un surcoût jusqu’en 2015 puis dégagerait de faibles économies ».
C’est la
subvention prévue par l’État français en faveur des régimes spéciaux de
retraite en 2010. En dépit des réformes récentes, cette subvention augmente de
10% par rapport à 2009.