CORIl y a quelques jours j'écoutais Jean-Michel Charpin, auteur d'un fameux rapport sur les retraites datant de 1999. Il était interrogé sur le manque de pertinence des projections du Conseil d'orientation des retraites. Une question plus que légitime, car le COR fait systématiquement ses "exercices de projections" avec des hypothèses de chômage totalement irréalistes, jamais atteintes depuis la fin des années 1970. Conséquence ces simulations deviennent rapidement obsolètes et il faut les refaire fréquemment.

Pour Charpin, il ne s'agit pas d'erreurs de prévision, mais d'un choix politique délibéré. Selon lui, au début des années 2000 les syndicats suspectaient les pouvoirs publics de noircir à dessein la situation afin de légitimer les réformes des régimes par répartition. Aussi le choix fut fait de faire les exercices de projection financière avec des chiffres consensuels, convenant à tout le monde. Pour les autorités cela avait la vertu de montrer que, même avec des hypothèses de travail particulièrement favorables, le système par répartition souffrait de déséquilibres structurels.

Et Charpin d'ajouter que la chose étant progressivement entrée dans les esprits, on pourrait peut-être commencer à faire aujourd'hui des simulations avec des hypothèses réalistes.

C'est la première fois que j'entendais un haut fonctionnaire s'exprimer sur la question avec franchise et transparence. J'y vois le signe que les choses progressent... On pourra certes regretter que cela se fasse lentement, mais on va vers plus de transparence et c'est bien.