La socialisation de l'intéressement, un mauvais calcul de Nicolas Sarkozy
Par Nicolas le mercredi 27 février 2008, 13:23 - Choix capitalisation/répartition - Lien permanent
Nicolas Sarkozy a indiqué hier qu'il avait chargé le gouvernement d'étudier
la possibilité d'intégrer les primes d'intéressement dans l'assiette de calcul
des retraites. Selon le chef de l’Etat, il faut que « les salariés qui
touchent de l’intéressement ne puissent pas dire ‘et bien écoutez, on s’est
moqué de moi, on me donne du pouvoir d’achat mais ça ne compte pas pour la
retraite’ ». Des propos qui montrent que le président n’a pas compris ce dont
il parle ou que ses objectifs sont autres.
Première erreur. Les salariés ont déjà le choix entre
percevoir directement tout ou partie de leur intéressement ou les placer. Ils
sont donc libres de le consommer immédiatement ou d'épargner, par exemple en
vue de leur retraite. Loin d’améliorer la situation des salariés,
l’assujettissement de l’intéressement aux cotisations sociales retraites ne
fera que diminuer les sommes disponibles pour consommer ou capitaliser. Cette
mesure n’est donc pas une bonne nouvelle, quel que soit le souhait des
salariés.
Deuxième erreur. Le gouvernement table sur un gain de 800
millions d’euros par an. Dans les faits, les gains seront moindres puisque
taxer l’intéressement réduira son intérêt. Les entreprises auront donc tendance
à en distribuer moins, et tout le monde sera perdant.
Troisième erreur. La France souffre d’un sous développement
des retraites par capitalisation. Au lieu de chercher à le compenser en
incitant les individus à épargner plus, par exemple en plaçant leur
intéressement, le président de la République propose d’assujettir ce complément
de revenu aux charges sociales. Ce faisant, il va à l’encontre de la démarche
entamée par François Fillon en 2003, qui souhaitait le développement d’une
épargne retraite individuelle ou collective (PERP, PERCO).
Dans les faits, l’objectif de cette proposition n’est pas de préserver les retraites futures mais d’équilibrer, à court terme, les comptes de l’assurance vieillesse, en trouvant de nouvelles recettes. Nicolas Sarkozy a fait sien l’adage de Keynes, « dans le long terme nous sommes tous morts », pauvres français...
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