Capitalisation ou répartition, une analyse croisée des travaux du National Bureau of Economic Research et du Conseil d’Analyse économique
Par Nicolas le lundi 20 novembre 2000, 09:44 - Capitalisation - Lien permanent
Les interrogations quant à la pérennité de régimes de retraites assis sur un
financement par répartition ne sont pas
nouvelles. Les démographes constatent que, depuis une trentaine d’années,
l’augmentation de la durée de vie résulte plus du recul de la mortalité du 3ème
âge que de la mortalité infantile. Cette tendance a été jusqu’à présent masquée
par le baby-boom, l’augmentation des naissances de l’après guerre ayant
débouché sur un accroissement temporaire de la population d’âge actif. Mais
cette parenthèse démographique prend fin, et l’on constate dès à présent les
premiers effets du vieillissement de la population. L’augmentation de la part
de la population âgée de plus de 65 ans par rapport à la population d’âge actif
se constate dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE.
D’ici à 2030, les ratios de dépendance pourraient avoisiner 40%, ce qui
remet en cause l’assise financière des régimes construits sur le principe d’une
“ répartition ”. Fort de ce constat, certains pays ont déjà opéré des réformes
structurelles, alors que d’autres, comme les Etats-Unis ou la France, en sont
au stade de la réflexion.
Deux contributions éclairent les options qui sont étudiées dans ces deux derniers pays. La première est un travail du National Bureau of Economic Research édité par Martin Feldstein. Intitulé “ Privatizing social security ”, il s’agit d’un recueil d’articles qui présente des réformes étrangères qui mettent en oeuvre la capitalisation et participe au débat américain sur la réforme des retraites. La seconde contribution est publiée par le Conseil d’Analyse économique sous le nom de “ Retraites et épargne ”. Elle est constituée de trois rapports rédigés par Olivier Davanne, Jean-Hervé Lorenzi, François Morin, qui sont assortis de divers compléments. Après avoir présenté brièvement ces travaux, nous confronterons leurs démarches.