Quelle retraite ?

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dimanche 3 février 2008

Ne rigolez pas, la CNAV se paye votre tête.

La caisse nationale d’assurance vieillesse achète des pages de publicité dans les journaux. A priori, rien de plus banal. Tous les jours des annonceurs font de la publicité pour présenter leurs produits, attirer de nouveaux clients, soigner leur image. Mais à y regarder de près, cette publicité est surprenante. Visiblement conçue pour rassurer le lecteur, elle est plutôt de nature à inquiéter celui qui s’intéresse aux retraites en général et s’interroge sur sa retraite future en particulier.

L’accroche « Ne rigolez pas, c’est eux qui vont payer votre retraite » est décalée. La retraite n’est à priori pas un sujet drôle, surtout dans un pays vieillissant où règne un tout-répartition de nature à susciter des craintes. La photo qui accompagne cette accroche est tout aussi surprenante. Elle représente quatre jeunes, plutôt dubitatifs, à l’extérieur d’une fac grisâtre. A voir leur tête, on se demande s’ils ont vraiment envie de l’avenir que leur promet le publicitaire. Sont-ils heureux à l’idée de cotiser demain à l’assurance vieillesse, pour financer les retraites de leurs ainés ? Ne sont-ils pas plutôt inquiets pour leur avenir, dans un pays où le chômage des jeunes reste anormalement élevé ? Ne songent-ils pas à faire leur vie ailleurs, à l’image de ces jeunes de plus en plus nombreux à s’expatrier diplôme en poche ?

La suite du commentaire, loin d’apporter du réconfort, est de nature à laisser le lecteur encore plus dubitatif : « Avec la retraite solidaire, les actifs d’aujourd’hui financent les retraites des actifs d’hier. » Or chacun sait qu’il y a de moins en moins d’actifs et de plus en plus de retraités. Dans ce contexte, les recettes des régimes de retraite par répartition, tels la CNAV, progressent moins vite que les besoins des retraités. Aussi, pour faire face à cette réalité intangible, toutes les lois votées depuis 1993 ont durci les règles de fonctionnement de la répartition, aux dépens des actifs et des retraités. Alors solidaire la répartition ? Oui, si l’on entend par là qu’elle nous met tous dans le même bateau, actifs et retraités, en taxant plus les uns et en distribuant moins aux autres.

Mais ce n’est pas fini, le commentaire se veut aussi rassurant pour l’avenir, quitte à sombrer dans la désinformation. Il précise que « Demain et après demain, les générations futures prendront le relais », ce qui va à l’encontre de toutes les projections démographiques. Notre publicitaire n’a d’évidence pas lu les travaux du Conseil d’orientation des retraites qui montrent qu’en 2040 nous aurons à peine 0,85 actif par retraité, là où nous avions 4,6 actifs par retraité en 1960. Dans ces conditions, qui prendra le relai, qui paiera ?

Cette publicité pousse même le bouchon plus loin en essayant de nous faire croire que la répartition « assure notre avenir et sécurise nos retraites, pour longtemps » et « garantit aux salariés du privé une retraite durable ». Or au-delà des mots, la réalité est toute autre. Contrairement aux assureurs traditionnels, la caisse nationale d’assurance vieillesse n’offre aucune assurance, sécurisation ou garantie. Elle ne provisionne pas ses risques et ne constitue pas de réserves. Ses promesses n’engagent que ceux qui les prennent pour argent comptant.

Aussi, on est en droit de s’interroger sur l’utilité de cette publicité. Contrairement aux annonceurs habituels, la caisse nationale d’assurance vieillesse n’a pas besoin d’attirer de nouveaux clients, puisque chaque salarié du privé est contraint d’y cotiser. Alors, pourquoi éprouve-t-elle le besoin de dépenser de l’argent dans les médias, pour divulguer des messages à la limite de la désinformation pure et simple ? Ne cherche-t-elle pas tout simplement à endormir les français qui, de plus en plus au fait des réalités, s’inquiètent naturellement pour leurs retraites ?

Voir la publicité de la CNAV

samedi 19 janvier 2008

Le CREF, l’arbre qui cache la forêt

Cette semaine s’est ouvert le procès de l'ex Complément de retraite facultatif des fonctionnaires (CREF), un scandale qui illustre pleinement les risques liés au système par répartition.

Ce complément de retraite, créé en 1949, était géré essentiellement en répartition par la Mutuelle retraite de la fonction publique (MRFP). Confronté en même temps à une baisse du nombre de cotisants, à une hausse du nombre de bénéficiaires et un provisionnement insuffisant, il s’est trouvé en « quasi-faillite » en 2000, avec un trou de près d’un milliard d’euros. En conséquence, il a du diminuer de 16% la valeur des rentes et obliger ses adhérents à transférer leurs droits dans des régimes moins avantageux (« R1 » et COREM) ou à démissionner dans des conditions encore plus pénalisantes. Près de 70 000 démissionnaires ont ainsi perdu 50% de la valeur de leurs cotisations, voire plus, alors que les 380 000 personnes s’étant résolues à transférer leurs droits ont récupéré des prestations particulièrement faibles.

6000 adhérents s'estimant dupés par la MRFP se sont constitués parties civiles. Reprochant à la mutuelle un non-respect des ses engagements et « au moins 13 années de gestion illégale et trompeuse », ils réclament aujourd’hui des dommages et intérêts correspondant en moyenne à 14 000 euros par adhérent. Outre cette procédure civile René Teulade, président de la mutuelle de 1972 à 1992 et ancien ministre socialiste des Affaires sociales sous François Mitterrand, est mis en examen pour abus de confiance. Comme huit anciens responsables de la MRFP, il est accusé d'avoir bénéficié d'avantages interdits par le Code de la mutualité, tels que voiture et appartement de fonction. Une procédure pénale devrait logiquement suivre.

Au-delà du fait divers, cette affaire est emblématique des risques associés aux régimes de retraite par répartition. En effet, dans un contexte de vieillissement, la baisse du nombre d’actifs et l’augmentation du nombre de retraités entraine une diminution des ressources et une augmentation des besoins des régimes par répartition. Aussi, tous les régimes qui ne constituent pas assez de réserves, tels feu le CREF, voire aucune réserve, telle la Caisse nationale d’assurance vieillesse, risquent d’être un jour incapables d’honorer leurs promesses. Le CREF est sans doute le premier scandale d’une longue série …

mercredi 16 janvier 2008

La "réforme" des régimes spéciaux entre en vigueur

La réforme des régimes spéciaux de retraite, à l'origine des conflits dans les transports l'automne dernier, va entrer en vigueur le 1er juillet, à la SNCF et à la RATP, après la publication mercredi au Journal Officiel des décrets d’application.

Ces décrets prévoient l'augmentation progressive de la durée de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein, de 37,5 ans actuellement à 40 ans en 2012. Ces régimes spéciaux s’aligneront donc, avec 4 ans de décalage, sur la durée de cotisation appliquée aux salariés du privé depuis 2008. Si entre-temps les salariés du privé passaient à 41 ans de cotisation d’ici à 2012, comme le prévoit le gouvernement, les salariés de la SNCF et de la RATP passeraient à 41 annuités d’ici à 2016.

Les décrets instaurent également, dans certaines limites, une décote pour les salariés partant en retraite sans avoir la durée de cotisation requise, une surcote pour ceux ayant dépassé cette durée, et l'indexation des pensions de retraites sur les prix et non plus sur les salaires. Ils laissent aussi subsister des disparités significatives avec les retraites du privé, calculées sur les 25 meilleures années de carrière et non sur les derniers mois, conformément aux revendications des syndicats.

Le décret concernant les autres régimes spéciaux des entreprises des industries électriques et gazières (IEG), devrait paraître au JO la semaine prochaine, et ceux concernant l'Opéra de Paris, la Comédie française et les clercs de notaires la semaine suivante.

vendredi 28 septembre 2007

Quelle réforme des retraite ?

Le ministre du travail, Xavier Bertrand, a confirmé hier que la réforme des régimes spéciaux de retraite sera faite par décret. Un texte devrait être présenté à la mi-octobre, un débat sans vote étant prévu au Parlement mardi et mercredi prochain. L'objectif de cette réforme est d'aligner la durée de cotisation des salariés sur la fonction publique (en la passant de 37,5 annuités à 40 années, puis 41 années), d'instaurer un système de décote et de surcote et d'indexer les pensions sur l'inflation (et non plus sur les salaires).
Pour autant cette harmonisation des régimes, présentée comme un gage d'équité, ne résout aucun problème de fond. Les retraites vont continuer à fonctionner quasi intégralement sur le principe de la répartition. Dans un contexte de vieillissement et de déficit structurel, ce n'est ni un gage de performance, ni un gage de sécurité pour les épargnants. A quand une vraie réforme, avec une introduction de plus de capitalisation ?

vendredi 21 septembre 2007

Derrière la rigueur verbale, le déficit se revalorise

Le gouvernement français a annoncé que 22.700 postes de fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés en 2008, soit un tiers ou un quart des départs à la retraite selon le périmètre retenu. Cette démarche suscite de l’animosité de la part des syndicats de la fonction publique, mais aussi des tiraillements au sein de la majorité. Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a défrayé la chronique en la présentant comme un « plan de rigueur ». Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée a jugé nécessaire de corriger le tir dès le lendemain, en assimilant les projets du gouvernement à un « plan de revalorisation » de la fonction publique. Dans la semaine qui a suivi, François Fillon, le Premier ministre, et Eric Woerth, le ministre du Budget ont, eux aussi, cherché à minimiser les propos de la ministre.

Que penser de cette cacophonie ? Dans un contexte de déficit public structurel, est-il sérieux de parler de « rigueur » ou a contrario de « revalorisation » ? Rien n’est moins sûr. Le non remplacement d’un fonctionnaire à la retraite ne permet pas nécessairement de faire des économies. En effet, l’agent partant à la retraite reste à la charge de l’Etat, qui lui verse une pension équivalente à 75% de son dernier salaire d’activité.

L’économie potentielle est donc au maximum de 25% du dernier salaire, si le partant n’est pas remplacé. Ce ne sera cependant pas le cas, le gouvernement ayant d’ores et déjà annoncé le remplacement de 2/3 des fonctionnaires partant à la retraite en 2008. En faisant l’hypothèse que les partants seront remplacés par des jeunes recrues deux fois moins rémunérées, l’équation budgétaire sera dégradée. En effet, le coût des embauchés fera plus que compenser les économies réalisées suite aux départs à la retraite. .

Christine Lagarde et Claude Guéant se trompent donc tous les deux. Il ne sera pas possible de gérer les comptes publics avec « rigueur » l’an prochain, qui plus est en « revalorisant» les carrières de fonctionnaires. Avec 85.000 départs à la retraite en 2008, les dépenses de personnel et les pensions vont continuer d’augmenter. La seule question est de savoir si elles vont le faire à un rythme plus ou moins important que les années précédentes. Depuis 1994/1995, l’emploi dans la Fonction Publique d’Etat a augmenté de 7,5% en 10 ans et le nombre de pensionnés a cru de 26,8%. Le nombre d’actifs et de retraités à la charge de l’Etat est passé de 3,8 millions à 4,4 millions. C’est ainsi que, la part des dépenses de personnel dans le budget (hors charge de la dette) est passée de 47% en 1996 à 52% en 2006, ce qui atteste d’un emballement des dépenses.

Dans un contexte d’emploi à vie des fonctionnaires et de non provisionnent de leurs retraites, conjugué à un déficit structurel dont la charge augmente, le gouvernement a mieux à faire que de s’opposer sur des points de sémantique.

samedi 15 septembre 2007

Le PERCO attire encore plus d'entreprises et de salariés

Le plan d'épargne pour la retraite collectif (PERCO) continue de séduire entreprises et salariés, selon l'Association française de la gestion financière (AFG). A fin juin 2007, 45 346 entreprises ont adopté ce plan d'épargne retraite (+66% sur 12 mois) et, au sein de ces entreprises, 286 350 salariés en ont déjà bénéficié. L’encours total des PERCO s’établit désormais à 1,21 milliards d’euros (+122% sur 12 mois). L’encours moyen détenu par chaque bénéficiaire s’élève à 4 229 euros, un montant en progression de 31 % par rapport au 30 juin 2006. Il est sensiblement supérieur à celui des PERP, qui resortait à 1 260 euros fin 2006 selon la Fédération Française des Sociétés d'assurance (FFSA).

mercredi 8 août 2007

Les retraites ont progressé légèrement plus vite que l'inflation en 2005

En 2005, on dénombrait 13,5 millions de retraités percevant une pension de droit direct, soit 3 % de plus qu'en 2004, selon l'étude annuelle de la DREES (direction des études des ministères du Travail, de la Santé et du Budget) sur les retraites qui vient de paraître.
Le montant moyen des retraites principales (1 044 €) a augmenté de 0,7 % en euros constants, en raison de revalorisations supérieures à l'inflation en 2005 et d'un montant de pension en moyenne plus élevé pour les nouveaux pensionnés.
La DREES indique également qu"en 2005, un quart des départs se font avant 60 ans dans les régimes de base du privé, contre la moitié dans les fonctions publiques".

Lien vers l'étude de la DREES

mercredi 1 août 2007

Les retraites par répartition, un luxe inabordable.

Les économistes publics français défendent généralement l'idée que la répartition est un mode de gestion "social" des retraites. Contrairement à la capitalisation, elle présenterait le double avantage de reposer sur des choix collectifs et d'éviter le développement d'inégalités. Aussi, une remise en cause de la répartition et un recours plus ou moins généralisé à la capitalisation risqueraient d'accroître les disparités entre retraités. D'un coté, ceux qui auraient la possibilité d'épargner deviendraient de plus en plus riches ; d'un autre côté, un nombre croissant de retraités modestes n'ayant pas eu les moyens de capitaliser tomberaient en "dessous du minimum de pauvreté" . La capitalisation serait donc un "luxe", réservé à une minorité de nantis.

Or, cette présentation misérabiliste est malhonnête car tous les actifs – modestes ou aisés – ont intérêt à capitaliser. Si les français à bas salaires ont aujourd'hui du mal à épargner en vue de leur retraite, c'est essentiellement parce que les cotisations d'assurance vieillesse transforment leurs salaires nets en peau de chagrin. Les calculs qui suivent montrent que, contrairement aux idées reçues, c'est en réalité la répartition qui est un "luxe" inabordable. Elle paupérise les actifs et les retraités et pénalise tout particulièrement les personnes modestes.

La répartition paupérise les actifs et les retraités

Imaginons un salarié moyen du privé percevant 1.950 euros nets par mois, soit le salaire moyen du privé. Il supporte 550 euros de cotisations sociales "salariales" et dispose en théorie d'un salaire brut de 2.500 euros. Mais de plus, son employeur verse en son nom 1.285 euros de cotisations sociales "patronales", ce qui porte le salaire complet à 3.785 euros mensuels. L'ensemble des cotisations prélevées représente 1.835 euros, soit plus de 70% du salaire brut. Ce chiffre global n'apparaît pas sur les bulletins de paie qui masquent ainsi le coût réel de la Sécurité sociale.

Presque la moitié des prélèvements sociaux, supportés in fine par ce salarié, servent à financer les retraites par répartition. Le régime général et les régimes complémentaires ponctionnent 280 euros au titre de la part salariale et 390 euros au titre de la part patronale. Chaque mois 670 euros sont donc absorbés par la répartition, ce qui représente plus du quart du salaire brut.

Si ce salarié moyen cotise à l'assurance vieillesse sur ces bases durant quarante ans, il percevra une retraite par répartition équivalente à 70% de son salaire brut d'activité. Régime général et régimes complémentaires confondus, il disposera de 1.750 euros bruts mensuels.

Mais si ce salarié avait pu capitaliser en actions les 8.000 euros qu'il est contraint de verser chaque année à l'assurance vieillesse, il serait devenu millionnaire. Ses cotisations, placées à 7,1% - le taux de rendement d'un portefeuille action français observé sur les 40 dernières années - lui auraient permis de constituer un capital supérieur à 1,8 millions d'euros en quarante ans. Ce retraité "moyen" pourrait vivre confortablement des intérêts de son capital et transmettre l'intégralité de sa fortune à ses ayants droit. En tablant sur un rendement de l'épargne de 2% nets d'inflation à la retraite, il disposerait un revenu mensuel de 3.000 euros par mois, sans même entammer son capital.

Même si l'on retient un rendement net de 5% l'an - tenant compte de frais de gestion et d'une diversification de l'épargne en obligations et produits monétaire - le capital accumulé représenterait plus d'un millions d'euros en 40 ans. Notre épargnant pourrait, sans même consommer ce capital, disposer d'un revenu équivalent à celui dont il bénéficierait en répartition.

Un célibataire de 60 ans qui choisirait d'aliéner ce capital, en le convertissant en rente viagère garantie à vie pourrait tabler sur 6.500 euros par mois, soit presque quatre fois plus que ce dont il aurait bénéficié en répartition. Un retraité ayant un conjoint du même age et optant pour une reversion identique à celle de la Sécurité Sociale toucherait une pension de 5.200 euros par mois, soit trois fois plus qu'en répartiton (calculs faits avec 2% de taux technique, de frais sur capital constitutif et de frais sur les rentes versées).

La répartition pénalise tout particulièrement les personnes modestes

Ce petit exemple montre que la répartition appauvrit artificiellement les actifs, les retraités et leurs conjoints. Ils bénéficieraient de pensions triplées s'ils avaient eu le droit de capitaliser les sommes aujourd'hui captées par "l'assurance vieillesse". Ainsi, contrairement aux idées complaisamment véhiculées par certains économistes et politiciens français, la répartition n'a pas de vertus sociales.

Bien au contraire, l'assurance vieillesse pénalise tout particulièrement les personnes modestes. Les ouvriers, qui courent deux fois plus de risques que les cadres de décéder avant l'âge de la retraite, ont une durée de retraite inférieure à la moyenne. Ils bénéficient moins longtemps d'une répartition favorisant a contrario les catégories socioprofessionnelles à forte espérance de vie. En outre, la répartition contribue à reproduire les inégalités intergénérationnelles . Les actifs modestes, dont les salaires sont artificiellement déprimés par les cotisations d'assurance vieillesse, ont plus de difficultés à constituer un patrimoine. Il en va de même lors de leur retraite – plus brève que la moyenne –. Ils légueront donc à leurs ayants droit un patrimoine sensiblement inférieur à celui qu'ils auraient pu constituer s'ils avaient été autorisés à capitaliser. Ainsi, les retraites par répartition élargissent et reproduisent des inégalités que la capitalisation permettrait de résorber.

Ces réalités sont malheureusement passées sous silence par nombre d'économistes et politiciens français, trop souvent enclins à brocarder la capitalisation. Contrairement aux idées reçues, cette dernière est une opportunité pour tous et, notamment, pour les familles modestes. Ces dernières ne sont pas assez riches pour s'accorder le "luxe" de verser le quart de leurs salaires bruts dans des régimes de retraite par répartition de moins en moins rentables.

lundi 23 juillet 2007

7 millions de français épargnent dans un contrat dédié à la retraite

Selon une récente étude de la DREES (Direction des études des ministères de l'Emploi et de la Santé), plus de 7 millions de personnes sont couvertes par un contrat d’épargne retraite complémentaire, géré par une société d’assurance, une institution de prévoyance, une mutuelle ou un organisme gestionnaire d’épargne salariale.

8,6 milliards de cotisations ont été versées sur ces contrats d'épargne en 2005. Ce montant, en hausse de 8 % par rapport à l’an passé, représente 4,3% des cotisations versées aux régimes de retraite obligatoires de base (150 milliards) et complémentaires (50 milliards).

Toujours en 2005, les prestations versées par ces dispositifs par capitalisation s’élevaient à 4 milliards. En hausse de 21 % par rapport à l’an passé, elles représentaient à peine 2% des prestations versées par les régimes obligatoires de base (147 milliards) et complémentaires (53 milliards).

L'étude de la DREES met l'accent sur l'essor des dispositifs créés par la loi de 2003 portant réforme des retraites, qui avaient attiré 1,8 millions d'épargnant a fin 2005. A cette date, 1,7 million de personnes détennaient un PERP (plan d'épargne retraite populaire) et 102 000 salariés un PERCO (plan d'épargne retraite collectif). Ces deux nouveaux dispositifs étaient en plein essor, avec 450 000 nouveaux PERP souscrits et 66 000 nouveaux salariés couverts par un PERCO. A noter que l'essor du PERCO a continué puisque les dernières statistiques dénombrent 246 844 épargnants dans ce dispositif d'épargne salariale (chiffres AFG à fin mars 2007).

L'étude de la DREES montre aussi qu’après avoir profité de l’élan suscité par l’encouragement à l’épargne retraite en 2004, les produits d’épargne retraite anciens, notamment ceux destinés aux professionnels indépendants, retrouvent un rythme de croissance proche des années antérieures. 808 000 personnes (+7,2 %) disposent ainsi à la fin de l’année 2005 d’un contrat dit « Madelin » et 261 000 (+2,8 %) d’un contrat « exploitant agricole ». Les dispositifs de type « article 83 » du Code général des impôts, dont le nombre d’adhérents est estimé entre 2,3 et 2,5 millions, ainsi que de type « article 39 » restaient prépondérants parmi les dispositifs d’entreprise. Le nombre de détenteurs de produits d’épargne destinés aux fonctionnaires et élus locaux, avec 818 000 adhérents, restait quant à lui inchangé en 2005.

En 2005, 56 % des versements effectués sur les PERCO provennaient des employeurs. De ce fait, "la cotisation moyenne sur un PERCO est 4 fois plus élevée que sur un PERP (respectivement de 2 050 € et 491 €)", indique la DREES. En outre, le PERP se distingue pour sa part des autres types de contrat par des souscripteurs plus jeunes et des montants de cotisation en moyenne plus faibles.

Pour télécharger l'étude de la DREES, cliquez ici

mercredi 6 juin 2007

Capitalisation, la France est à la traîne

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La France est le pays où le plus fort pourcentage du PIB est consacré aux dépenses totales de retraite, mais celui où le financement par capitalisation est le plus faible. Cette comparaison internationale faite par l'assureur Swiss Re illustre à quel point le financement des retraites pèse sur les comptes publics français, avec près de 12 % du PIB. A contrario on observe que les dépenses dépenses publiques et l'effort global consacré aux retraites sont moindres dans les pays ayant développé des produits d’épargne retraite par capitalisation. Ce résultat est assez logique. En effet, l'épargne retraite est nettement plus efficace que la répartition. Les sommes capitalisées produisent des intérêts permettant, à cotisation égale, d'obtenir une retraite 2 à 3 fois plus conséquente qu'avec un système par répartition. Ajoutons qu'en plus l’épargne retraite permet de financer le développement de l’économie, ce qui n’est pas le cas d’un financement par répartition tel qu’il existe en France. Un recours plus systématique à l’épargne et à la capitalisation permettrait donc d’alléger les contraintes pesant sur les finances publiques françaises, de préserver le pouvoir d’achat des retraités et des actifs et de contribuer davantage au développement économique.

(Source : Swiss Re, Sigma, n° 3/2007, "Les produits de rente : une solution privée au risque de longévité", disponible sur le site www.swissre.com/sigma)

mardi 5 juin 2007

C'est irresponsable de gérer la dépendance en répartition

La création d'une nouvelle branche de sécurité sociale, fonctionnant en répartition, n’est pas une bonne réponse aux défis de demain. Gérée avec des cotisations finançant les dépenses de l’année, elle ferait peser un risque sur les actifs, les retraités et tout particulièrement sur ceux atteints par la dépendance. En effet, compte tenu du vieillissement de la population consécutif au baby boom et à l’allongement de l’espérance de vie, le nombre de personnes dépendantes va augmenter très sensiblement dans les prochaines années. Il progressera plus vite que la masse salariale et les autres sources financement par répartition envisageables. Il serait donc plus sage d’inciter les individus à capitaliser et à s’assurer pour se protéger de la dépendance, plutôt que de leur faire des promesses qu’aucun régime par répartition ne sera capable d’honorer. L’exemple de la retraite, pour lesquelles on observe un durcissement des critères d’éligibilité et une diminution des pensions, devrait faire réfléchir politiques et partenaires sociaux avant de faire des promesses intenables.

mercredi 30 mai 2007

Le contrat Madelin attire toujours plus d'indépendants

687 000 contrats retraite Madelin, destinés aux travailleurs indépendants, étaient en vigueur fin 2006. Le nombre de nouveaux contrats souscrits en 2006 (88 000) a cru de 11% par rapport à 2005. Les cotisations s'élèvent à 1,7 milliard d'euros, soit une hausse de 9% par rapport à 2005. Le montant des prestations qui ont commencé à être versées aux personnes ayant pris leur retraite a augmenté de 46% en 2006 (source : Fédération française des sociétés d'assurances).

jeudi 24 mai 2007

Au-delà du discours uniformisateur, la loi Fillon a créé de nouveaux privilèges

En matière de retraites, au-delà des discours officiels, les fonctionnaires restent des privilégiés. Officiellement, la loi Fillon de 2003 va permettre d’harmoniser leur durée de cotisation pour une retraite à temps plein, en l’alignant sur celle du privé en 2008. Officiellement aussi, ce texte a mis fin à une inégalité criante, en permettant aux salariés du privé de se constituer un complément retraite en franchise d’impôts. Depuis 2004, tout français peut en effet souscrire un PERP, et bénéficier des avantages qui étaient jusqu’alors réservés aux cotisants de PREFON et d'autres plans d’épargne retraite par capitalisation du public .

Mais dans les faits, les privilèges du public ont la vie dure. La loi Fillon a en effet crée un régime de retraite complémentaire par capitalisation obligatoire réservé aux agents du public. Dénommé « Etablissement de Retraite Additionnelle de la Fonction Publique », il s’agit d’un fonds de pension alimenté par une cotisation sur les primes versées aux agents de l’Etat (qui représentent jusqu'à 40% pour les hauts fonctionnaires). Il est capitalisé à 100%, ce qui en fait un particularisme dans un pays où tous les autres régimes de retraite obligatoires fonctionnent par répartition. Inauguré en 2005, ce fonds de pension d’un genre nouveau dispose déjà de 3 milliards d’euros d’encours, ce qui en fait le 2ème plus gros fonds de pension en France derrière le Fonds de Réserve des Retraites (FRR).

Il est choquant que ce système par capitalisation soit réservé aux agents du public, tandis que les salariés du privés sont obligés de cotiser dans des caisses de retraite complémentaires fonctionnant massivement en répartition (l’AGIRC et l’ARRCO ne disposent que de 42 milliards de réserves, représentant a peine plus d'un an de prestations).

lundi 21 mai 2007

Pauvre Fonds de Réserve des Retraites

TYSCAEA6J13CAX4VT6FCAVJ2E1MCAS8KEG4CAZVNB43CAO2PJDECAXUK6TBCA5ZJHT0CA85Q5HICAX17A4BCAH0VWO5CAIOQQRACAJFYJ7FCA8T2Z04CA1HVPK2CA0U5FW6CAUV1TJ4CAR4J80ICAKEDZWN.jpgMoins de 2 mois de réserves, c'est le montant accumulé par le le Fonds de Réserve des Retraites français. Avec 31,1 milliards à fin décembre 2006, les encours du FRR ne représentent qu'une petite fraction des 200 milliards de retraite distribués, chaque année, en France.

jeudi 3 mai 2007

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais !

En matière de retraites, il y a deux poids deux mesures. D’un côté, l’Etat exige que les régimes de retraite privés fassent des provisions, en constituant des réserves à due proportion des engagements pris vis à vis de leurs adhérents. D’autre côté, l’Etat ne provisionne aucun des engagements qu’il prend vis à vis des fonctionnaires.

Certains prétendent que ce paradoxe n’en est pas un. Contrairement aux entreprises, l’Etat n’aurait pas besoin d’être prévoyant. Ayant la faculté de lever de l’impôt dans les proportions qu’il souhaite, voire de modifier les règles de départ à la retraite, il pourrait se contenter de vivre au jour le jour. Il n’y aurait pas matière à s’inquiéter car, à la différence d'une entreprise, un Etat ne risque pas de faire faillite.

Or cette façon de faire est dangereuse pour les contribuables, les fonctionnaires et les retraités de la fonction publique. Faute de provisionner les retraites, l’Etat constitue en effet une bombe à retardement, composée d’engagements qu’il n’est pas sur d’avoir les moyens d’honorer. L’Etat n’a pas la certitude de pouvoir recourir à l’impôt ou à l’endettement à due proportion de ses besoins futurs. En outre, contrairement aux entreprises privées, il ne dispose d’aucune souplesse dans la gestion de ses dépenses de personnel. Les fonctionnaires ont une garantie d’emploi à vie et des rémunérations dont la progression est indexée en fonction de leur ancienneté.

Dans ces conditions, les marges de manœuvre pour rééquilibrer les déséquilibres sont plus que réduites. Un état qui ne provisionne pas ses retraites représente un risque systémique pour tous…

lundi 23 avril 2007

Le jour où la France a fait faillite

Philippe Jaffré, ancien Président d’Elf-Aquitaine, et le journaliste Philippe Riès, viennent de publier un roman d’anticipation passionnant qui fait froid dans le dos.

Imaginez qu’en juillet 2012 l’agence de notation Standard & Poor’s, lassée par la persistance d’un déficit public structurel et l’envolée du coût des retraites des fonctionnaires, dégrade la notation de la dette publique française, provoquant un mouvement de défiance massif. Du jour au lendemain, l’administration française ne trouve plus aucun préteur. Celle qui s’endettait pour financer ses fins de mois, depuis une trentaine d’années, n’est plus à même de payer les fonctionnaires, ses retraités, et d’honorer le remboursement de ses dettes arrivant à échéance. Une crise de finances publiques majeure se propage au secteur bancaire para étatique. La Caisse des Dépôts et Consignations et la Banque Postale, détentrices d’obligations du Trésor dont le cours est en chute en libre, sont emportées. Les banques privées sont obligées de réduire drastiquement leur activité, au risque d’asphyxier plus encore l’économie.

L’administration française quémande de quoi assumer les fins de mois au FMI, au Club de Paris ou à la Banque Centrale européeenne. Ces institutions, soucieuses de ne pas investir en pure perte des capitaux, exigent la mise en place de réformes drastriques, pour passer d’un déficit annuel de l’ordre de 9% à un excédent de 2%. La France va donc subir « un sevrage brutal », avec l’abolition du statut de la fonction publique, la réduction du nombre des fonctionnaires, le transfert de la gestion du secteur éducatif et hospitalier au privé, la réduction drastique du nombre de collectivités locales…

Ce roman politico-financier plonge le lecteur dans les coulisses du pouvoir, de Bercy à la Banque Centrale Européenne. Il met en scène une multitude de personnages connus, tant français qu’étrangers, ce qui lui confère un réalisme saisissant. Documenté et pédagogique, il intéressera tous ceux qui sont intéressés par les affaires publiques, indépendamment de leur connaissance des marchés financiers. Philippe Jaffré, qui a publié Monnaie et politique monétaire (éditions Economica), et Philippe Riès ont en effet extrêmement bien dosé leur intrigue.

Sur le fond, la trame du roman pourra paraître saugrenue à ceux peu au fait des finances publiques, mais ce serait une erreur. L’histoire nous apprend qu’un état peut faire banqueroute. C’est ce qui arrivé en France, en 1797, dans plusieurs Etats fédérés des Etats-Unis d’Amérique, entre 1841 et 1843. Plus proche de nous, les crises financière latino-américaine, avec notamment la défaillance du Mexique (1982) ou de l’Argentine (1994), montrent qu’un état ne peut durablement vivre au dessus de ses moyens. Espérons que ce livre sera lu, et fera réfléchir…

Philippe Jaffré et Philippe Ries, Grasset, janvier 2007, 365 pages.

dimanche 18 mars 2007

Tout savoir sur le PERCO

Le PERCO (plan d’épargne pour la retraite collectif ) est un plan d’épargne salariale mis en place dans le cadre de l’entreprise. Il peut être créé si est également offerte la possibilité d’opter pour un plan de durée plus courte : PEE (plan d’épargne d’entreprise) ou PEI (plan d’épargne interentreprises).

Plus souple que les produits retraite traditionnels (PERP, Madelin, article 83...) le PERCO permet de se constituer un complément de retraite, sous la forme d'une rente, ou un capital retraite. Il permet aussi de récupérer son épargne avant la retraite, pour financer l'acquisition de sa résidence principale.

Qui est concerné ?

Un salarié peut adhérer au PERCO de son entreprise et y verser jusqu'à 25% de sa rémunération annuelle brute (hors sommes issues de la participation) .
Les chefs d’entreprise et mandataires sociaux non salariés (présidents, directeurs généraux, gérants, etc.) des entreprises employant au moins un et au plus cent salariés peuvent aussi bénéficier d’un PERCO. Il en va de même de leurs conjoints collaborateurs ou associés non rémunérés.

Quelle est la contribution de l’employeur et son avantage pour le salarié ?

L’entreprise peut abonder les versements volontaires du salarié (ou du dirigeant) dans la limite du triple de ces versements (avec un plafond fixé à 16% du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, soit 5 149 en 2007.

L’abondement est déductible des bénéfices imposables de l’entreprise et exonéré de l’impôt sur le revenu pour les bénéficiaires. En cas d’interruption des versements, les fonds individuels des salariés bénéficiaires continuent d’être rémunérés. Les droits de chaque salarié sont transférables sur un autre plan de même nature ouvert par un nouvel employeur.

Que se passe-t-il en cas d’invalidité ou de décès ?

Des cas de déblocage anticipé, prévus par décret, permettent une sortie du plan sans pénalité dans les cas suivants : décès du bénéficiaire, de son conjoint ou de la personne qui lui est liée par un pacte civil de solidarité,

  • expiration des droits à l’assurance chômage du participant,
  • invalidité du bénéficiaire, de ses enfants, de son conjoint ou de la personne qui lui est liée par un pacte civil de solidarité,
  • situation de surendettement du participant,
  • affectation des sommes épargnées à l’acquisition de la résidence principale ou à la remise en état de la résidence principale endommagée à la suite d’une catastrophe naturelle reconnue par arrêté ministériel.

Le PERCO est-il avantageux pour moi ?

Le PERCO est doublement avantageux.
D'une part, il s'agit d'un produit souple, permettant déblocage anticipé en cas d'acquisition de la résidence principale et une sortie à la retraite en capital.
D'autre part, il permet à l'entreprise d'aider ses salariés à épargner en franchise de charges sociales et d'impôts (hors CSG-CRDS).
C'est donc une solution intéressante, pour peu que votre employeur vous propose un PERCO ou que vous soyez chef d'une entreprise de un à cent salariés

Tout savoir sur le PERP

Qu’est-ce qu’un PERP ?

Un PERP est un contrat d’assurance souscrit de façon individuelle. L’épargne sera versée au souscripteur à son départ à la retraite, sous forme de rente viagère. La souscription consiste à adhérer à un « groupement d’épargne individuelle pour la retraite », dans un cadre associatif. Un comité de surveillance de l’association des adhérents au plan est chargé de veiller aux intérêts des participants.

Qui est concerné ?

Tout le monde peut adhérer à un PERP, quel que soit son âge ou son statut professionnel.

Auprès de quel organisme s’adresser ?

Des PERP sont proposés par les entreprises relevant du code des assurances, les institutions de prévoyance ou les organismes mutualistes.

Quels sont les avantages du PERP sur le plan fiscal ?

Les cotisations versées par chaque membre du foyer fiscal au PERP sont déductibles du revenu imposable. Pour chaque membre du foyer fiscal, ces cotisations sont déductibles sous un plafond égal à 10 % du montant net de frais professionnels de ses revenus d’activité professionnelle (salarié et non salariée) de l’année précédente :

  • retenu dans la limite de 8 fois le plafond de sécurité sociale de l’année précédente (soit au maximum 24 854 € pour les cotisations PERP versées en 2007, avec un minimum égal à 10 % de ce même plafond (3 107 € pour 2007) ;
  • et diminué du montant des cotisations déduites des revenus d’activité professionnelle de l’année précédente au titre de l’épargne retraite non légalement obligatoire (cotisations aux régimes obligatoires d’entreprise de retraite supplémentaire « article. 83 » et, pour leur montant total ou partiel, cotisations aux régimes ou contrats facultatifs des non-salariés dits « Madelin » ou « Madelin agricole », ainsi que de l’abondement de l’employeur au PERCO. La rente viagère servie au dénouement du PERP est imposable selon les mêmes modalités que les pensions et retraites servies par les régimes d’assurance vieillesse ou de retraite complémentaire (ARRCO, AGIRC ...).

Une épargne protégée

Les actifs du PERP sont "cantonnés" afin qu’en aucun cas des créanciers ne puissent exercer des droits sur l’épargne accumulée. Les actifs de chaque PERP sont donc insaisissables, même en cas de faillite du gestionnaire.

Que se passe-t-il en cas de décès de l’adhérent au PERP ?

La protection du conjoint est assurée

Le contrat peut prévoir une garantie décès : que le décès ait lieu avant ou après la mise en service de la rente viagère, cette dernière est alors versée à un bénéficiaire désigné dans le contrat ou, à défaut, au conjoint de l’adhérent. La rente viagère peut être transformée en une rente temporaire d’éducation versée à des enfants mineurs.

Que se passe-t-il en cas d’invalidité ?

Le contrat peut prévoir une garantie en cas d’invalidité après l’adhésion au PERP. Dans ce cas, l’adhérent reçoit une rente d’invalidité avant l’âge prévu de son départ à la retraite.

Le PERP est-il avantageux pour moi ?

Tout dépend de votre fiscalité et de vos objectifs. Si vous êtes faiblement ou peu fiscalisé en phase d’épargne, privilégiez plutôt l’assurancie vie, le PEA ou le PERCO. Ces produits individuels ou collectifs sont en effet nettement plus souples que le PERP. D’une part votre épargne sera bloquée moins longtemps si vous optez pour l’assurance-vie, le PEA ou vous permettra de financer l’acquisition de votre résidence principale avec le PERCO. D’autre part vous pourrez vous constituez un capital retraite, qui ne sera pas soumis à l’impôt sur le revenu, ou un revenu viager, moins fiscalisé que les rentes traditionnelles (PERCO) voire non fiscalisé (PEA).

lundi 8 janvier 2007

Ceux qui en veulent plus privilégient la capitalisation à la répartition

En matière de retraite, les français sont loin d’être irrationnels. Lorsqu’on leur donne le choix entre plus de répartition ou la capitalisation, ils optent massivement pour cette dernière. C’est ce qui ressort de l’utilisation, très contrastée, des dispositifs introduits par la loi Fillon pour permettre aux actifs de mieux préparer leur retraite.

Parmi ces dispositifs, celui reposant sur la répartition n’a attiré qu’une infime proportion de français. Seules 8 741 personnes ont fait le choix de « racheter un trimestre », c’est à dire de cotiser plus en l’échange de la prise en compte par l’assurance vieillesse d’années d’études ou d'activité. Au total les sommes ainsi collectées ont été de 208 millions d’euros (chiffres CNAV au 31/12/06). S’agissant d’un dispositif en vigueur depuis le 1er janvier 2004, et ouvert aux moins de 55 ans depuis 2006, ces chiffres sont dérisoires.

Par comparaison les plans d’épargne par capitalisation introduits par la loi Fillon ont attiré 215 fois plus de monde et 8 fois plus de capitaux.
Le plus connu de ces dispositifs, le Plan d’Epargne Retraite Populaire (PERP) a été souscrit par 1 740 000 personnes, qui y ont placé 1,6 milliards d’euros (chiffres FFSA au 31/03/06).
Son alter ego collectif, le Plan d’Epargne Retraite Collectif (PERCO) a été mis en place dans 27 000 entreprises, totalisant plus d’un million de salariés. 170 000 salariés y ont fait des versements représentant 540 millions d’euros (chiffres AFG au 30/06/06).

vendredi 15 décembre 2006

La répartition, cette dette qu’on ignore !

podium3.gifEn matière de dette publique, c’est l’arbre qui cache la forêt. Toute l’attention est accordée à ce que les comptables nationaux appellent dette « explicite » et qu’ils distinguent de la dette « implicite », résultant des engagements non contractuels tels les retraites par répartition. Pourtant, c’est ce sont ces derniers qui portent le plus de dangers à long terme.

La dette « explicite » est composée des dettes que les administrations publiques se sont engagées à honorer dans le futur, soit par contrat, soit en fonction de dispositions légales. Cette dette, qui s’accroît continuellement depuis 20 ans au gré des déficits, représente aujourd’hui entre 66% du PIB.

Or ce chiffre, largement médiatisé, ne tient pas compte des promesses faites par les caisses de retraite par répartition à leurs cotisants et anciens cotisants. Ces engagements, considérés comme « implicites » par les comptables nationaux, représentent des montant sans commune mesure avec ceux portés à la connaissance du grand public. Un chiffrage récent de l’INSEE vient de les évaluer à 390% du PIB, soit 6 500 milliards. Ce chiffre, calculé avec la méthode des droits acquis, utilisée pour chiffrer les engagements des entreprises privées, représente trente ans de cotisations retraite. Il correspond aux réserves qui auraient du être accumulées par un système de retraite par capitalisation, correctement provisionné.

Il est incompréhensible qu’on chiffre la dette publique sans prendre en compte les engagements pris par les caisses de retraite de répartition vis à vis des actifs et des retraités. La dette publique est sans rapport avec les 1 167 milliards du rapport Pébereau, elle avoisine les 7 700 milliards.

Pour en savoir plus : télécharger le chapitre "Evaluer les engagements implicites des systèmes de retraite", Didier Blanchet et Jean-François Ouvrard, in l'Economie Française 2006/2007 - INSEE, juin 2006 (Format PDF : 514 ko)

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