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  <title>Quelle retraite ? - Choix capitalisation/répartition</title>
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  <description>Capitalisation ou répartition, c'est à vous de préparer votre retraite et votre avenir en toute connaissance de cause.
L'objet de ce site est d'alimenter votre réflexion sur la retraite, en vous expliquant comment la préparer au mieux.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 25 Jul 2008 23:21:17 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>La CFDT brise le tabou de la capitalisation</title>
    <link>http://www.quelleretraite.com/post/2008/03/25/La-CFDT-brise-le-tabou-de-la-capitalisation</link>
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    <pubDate>Tue, 25 Mar 2008 21:24:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas</dc:creator>
        <category>Choix capitalisation/répartition</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;La CFDT vient de publier mardi 25 mars ses propositions pour les retraites.
De façon très classique, elle propose d’assurer la pérennité des régimes de
retraite par répartition, tout en améliorant les taux de remplacement, ce que
d’aucuns pourraient juger contradictoire. Mais, surprise, le syndicat innove en
proposant aussi de « généraliser l’épargne retraite collective ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon lui « par construction, la répartition ne peut répondre, seule,
au niveau des pensions quand il y a un déséquilibre entre cotisants et
pensionnés ». Il propose donc d’« acter que la répartition n’est capable
d’assurer qu’un certain niveau de remplacement » et de la compléter
« par une épargne qui ne fonctionne ni sur les mêmes échéances, ni sur les
mêmes mécanismes ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centrale appelle de ses vœux la « mise en place d’un système
généralisé de complément de retraite, partie intégrante des retraites». Selon
elle, l’épargne retraite doit devenir « un complément indispensable au
régime par répartition pour assurer un taux de remplacement correct comme l’ont
fait, avant nous, la plupart des autres pays européens ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette prise de position syndicale, qui pourrait être jugée comme banale chez
nos voisins, constitue un acte de bravoure en France, où règne encore le dogme
du tout répartition. Espérons qu'elle ne restera pas isolée, et que l'essentiel
des centrales syndicales salariales et patronales suivront ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quelleretraite.com/public/cfdt_retraite_080324.pdf&quot;&gt;Pour en savoir plus, télécharger
&amp;quot;CFDT Retraites, le rendez-vous de 2008&amp;quot;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>La socialisation de l'intéressement, un mauvais calcul de Nicolas Sarkozy</title>
    <link>http://www.quelleretraite.com/post/2008/02/27/Linteressement-au-secours-du-financement-de-la-repartition-un-mauvais-calcul-de-Nicolas-Sarkozy</link>
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    <pubDate>Wed, 27 Feb 2008 13:23:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas</dc:creator>
        <category>Choix capitalisation/répartition</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Nicolas Sarkozy a indiqué hier qu'il avait chargé le gouvernement d'étudier
la possibilité d'intégrer les primes d'intéressement dans l'assiette de calcul
des retraites. Selon le chef de l’Etat, il faut que « les salariés qui
touchent de l’intéressement ne puissent pas dire ‘et bien écoutez, on s’est
moqué de moi, on me donne du pouvoir d’achat mais ça ne compte pas pour la
retraite’ ». Des propos qui montrent que le président n’a pas compris ce dont
il parle ou que ses objectifs sont autres.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Première erreur&lt;/strong&gt;. Les salariés ont déjà le choix entre
percevoir directement tout ou partie de leur intéressement ou les placer. Ils
sont donc libres de le consommer immédiatement ou d'épargner, par exemple en
vue de leur retraite. Loin d’améliorer la situation des salariés,
l’assujettissement de l’intéressement aux cotisations sociales retraites ne
fera que diminuer les sommes disponibles pour consommer ou capitaliser. Cette
mesure n’est donc pas une bonne nouvelle, quel que soit le souhait des
salariés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxième erreur&lt;/strong&gt;. Le gouvernement table sur un gain de 800
millions d’euros par an. Dans les faits, les gains seront moindres puisque
taxer l’intéressement réduira son intérêt. Les entreprises auront donc tendance
à en distribuer moins, et tout le monde sera perdant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisième erreur&lt;/strong&gt;. La France souffre d’un sous développement
des retraites par capitalisation. Au lieu de chercher à le compenser en
incitant les individus à épargner plus, par exemple en plaçant leur
intéressement, le président de la République propose d’assujettir ce complément
de revenu aux charges sociales. Ce faisant, il va à l’encontre de la démarche
entamée par François Fillon en 2003, qui souhaitait le développement d’une
épargne retraite individuelle ou collective (PERP, PERCO).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, l’objectif de cette proposition n’est pas de préserver les
retraites futures mais d’équilibrer, à court terme, les comptes de l’assurance
vieillesse, en trouvant de nouvelles recettes. Nicolas Sarkozy a fait sien
l’adage de Keynes, « dans le long terme nous sommes tous morts », pauvres
français...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Capitalisation, la France est à la traîne</title>
    <link>http://www.quelleretraite.com/post/2007/06/05/Capitalisation-la-France-est-a-la-traine</link>
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    <pubDate>Wed, 06 Jun 2007 20:03:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas</dc:creator>
        <category>Choix capitalisation/répartition</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.quelleretraite.com/public/turner.jpg&quot; alt=&quot;turner.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
La France est le pays où le plus fort pourcentage du PIB est consacré aux
dépenses totales de retraite, mais celui où le financement par capitalisation
est le plus faible. Cette comparaison internationale faite par l'assureur Swiss
Re illustre à quel point le financement des retraites pèse sur les comptes
publics français, avec près de 12 % du PIB. A contrario on observe que les
dépenses dépenses publiques et l'effort global consacré aux retraites sont
moindres dans les pays ayant développé des produits d’épargne retraite par
capitalisation. Ce résultat est assez logique. En effet, l'épargne retraite est
nettement plus efficace que la répartition. Les sommes capitalisées produisent
des intérêts permettant, à cotisation égale, d'obtenir une retraite 2 à 3 fois
plus conséquente qu'avec un système par répartition. Ajoutons qu'en plus
l’épargne retraite permet de financer le développement de l’économie, ce qui
n’est pas le cas d’un financement par répartition tel qu’il existe en France.
Un recours plus systématique à l’épargne et à la capitalisation permettrait
donc d’alléger les contraintes pesant sur les finances publiques françaises, de
préserver le pouvoir d’achat des retraités et des actifs et de contribuer
davantage au développement économique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Swiss Re, Sigma, n° 3/2007, &amp;quot;Les produits de rente : une
solution privée au risque de longévité&amp;quot;, disponible sur le site
www.swissre.com/sigma)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>C'est irresponsable de gérer la dépendance en répartition</title>
    <link>http://www.quelleretraite.com/post/2007/06/05/Cest-irresponsable-de-gerer-la-dependance-en-repartition</link>
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    <pubDate>Tue, 05 Jun 2007 22:26:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas</dc:creator>
        <category>Choix capitalisation/répartition</category>
        <category>Dépendance</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La création d'une nouvelle branche de sécurité sociale, fonctionnant en
répartition, n’est pas une bonne réponse aux défis de demain. Gérée avec des
cotisations finançant les dépenses de l’année, elle ferait peser un risque sur
les actifs, les retraités et tout particulièrement sur ceux atteints par la
dépendance. En effet, compte tenu du vieillissement de la population consécutif
au baby boom et à l’allongement de l’espérance de vie, le nombre de personnes
dépendantes va augmenter très sensiblement dans les prochaines années. Il
progressera plus vite que la masse salariale et les autres sources financement
par répartition envisageables. Il serait donc plus sage d’inciter les individus
à capitaliser et à s’assurer pour se protéger de la dépendance, plutôt que de
leur faire des promesses qu’aucun régime par répartition ne sera capable
d’honorer. L’exemple de la retraite, pour lesquelles on observe un durcissement
des critères d’éligibilité et une diminution des pensions, devrait faire
réfléchir politiques et partenaires sociaux avant de faire des promesses
intenables.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ceux qui en veulent plus privilégient la capitalisation à la répartition</title>
    <link>http://www.quelleretraite.com/post/2007/02/28/first</link>
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    <pubDate>Mon, 08 Jan 2007 22:04:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas</dc:creator>
        <category>Choix capitalisation/répartition</category>
        <category>PERCO</category><category>PERP</category><category>Rachat trimestre</category>    
    <description>    &lt;p&gt;En matière de retraite, les français sont loin d’être irrationnels.
Lorsqu’on leur donne le choix entre plus de répartition ou la capitalisation,
ils optent massivement pour cette dernière. C’est ce qui ressort de
l’utilisation, très contrastée, des dispositifs introduits par la loi Fillon
pour permettre aux actifs de mieux préparer leur retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Parmi ces dispositifs, celui reposant sur la répartition
n’a attiré qu’une infime proportion de français. Seules 8 741 personnes ont
fait le choix de « racheter un trimestre », c’est à dire de cotiser
plus en l’échange de la prise en compte par l’assurance vieillesse d’années
d’études ou d'activité. Au total les sommes ainsi collectées ont été de 208
millions d’euros (chiffres CNAV au 31/12/06). S’agissant d’un dispositif en
vigueur depuis le 1er janvier 2004, et ouvert aux moins de 55 ans depuis 2006,
ces chiffres sont dérisoires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Par comparaison les plans d’épargne par capitalisation
introduits par la loi Fillon ont attiré 215 fois plus de monde et 8 fois plus
de capitaux.&lt;br /&gt;
Le plus connu de ces dispositifs, le Plan d’Epargne Retraite Populaire (PERP) a
été souscrit par 1 740 000 personnes, qui y ont placé 1,6 milliards d’euros
(chiffres FFSA au 31/03/06).&lt;br /&gt;
Son alter ego collectif, le Plan d’Epargne Retraite Collectif (PERCO) a été mis
en place dans 27 000 entreprises, totalisant plus d’un million de salariés. 170
000 salariés y ont fait des versements représentant 540 millions d’euros
(chiffres AFG au 30/06/06).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Selon l'INSERM, les inégalités sociales devant la mort ne se résorbent pas.</title>
    <link>http://www.quelleretraite.com/post/2000/09/18/Selon-lINSERM-les-inegalites-sociales-devant-la-mort-ne-se-resorbent-pas</link>
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    <pubDate>Mon, 18 Sep 2000 23:20:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas</dc:creator>
        <category>Choix capitalisation/répartition</category>
        <category>Inégalités</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prenant le contre-pied du satisfecit décerné à la France par
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'INSERM vient de montrer que
l'espérance de vie des français varie fortement selon leur catégorie
socioprofessionnelle. Loin de se résorber, les inégalités sociales devant la
mort s'élargissent. Notre Sécurité Sociale serait-elle en cause ? En tout
cas, les retraites par répartition spolient les ouvriers – une conclusion qui a
échappée à l’INSERM.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout récent recueil d'études sur les inégalités sociales devant la
maladie et la mort publié sous l'égide de l'Institut National de la Santé et de
la Recherche Médicale (INSERM) est sans appel. En dépit de l'élargissement de
l'accès aux soins, la France &amp;quot;fait partie des états européens où les disparités
devant la mort sont les plus fortes&amp;quot;. L'espérance de vie des hommes continue à
varier fortement selon leur catégorie socioprofessionnelle. A 35 ans, un
ouvrier à une espérance de vie inférieure de 6 ans et demi à celle d'un cadre
du même âge (tableau 1) et l'écart monte même à neuf années lorsqu'on compare
un ouvrier non qualifié à un cadre de la fonction publique. Ce fossé, mis en
exergue dès le XIXème siècle grâce aux travaux de Louis-René Villermé, a eu
tendance à s'accentuer. Si l'espérance de vie augmente pour toutes les
catégories sociales, l'amélioration de l'état sanitaire favorise avant tout les
français aisés. Pour les femmes, des inégalités d'espérance de vie existent
également, mais les disparités sociales sont plus réduites puisqu'on n'observe
à 35 ans qu'un différentiel de 3,5 ans d'espérance de vie entre ouvrières et
cadres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institut national précise que la mortalité des manuels entre 45 à 59 ans
est supérieure de 71% à celle des hommes du même age ayant une activité
intellectuelle. Ce niveau de surmortalité masculine est sans commune mesure
avec les 33% à 53% de surmortalité constatés dans les autres pays européens. De
même, l'on observe également que les disparités sociales sont plus fortes en
France que dans les autres pays lorsqu'on prend en compte le niveau d'études.
Les hommes de 35 à 50 ans sans diplôme ont en effet une mortalité quasiment
trois fois supérieure à celle de ceux ayant fait des études supérieures
(tableau 2). Au total, l'INSERM estime que 10.000 décès par an seraient évités
si la mortalité des ouvriers et employés s'alignait sur celle des cadres et
professions libérales. Mais les chercheurs de l'institut national prennent soin
d'ajouter que la surmortalité des manuels ne relève pas nécessairement de
facteurs économiques et de disparités d'accès aux soins. Une partie non
négligeable de la mortalité prématurée des hommes résulte en effet de cancers
et maladies de l'appareil digestif laissant à penser que des facteurs
comportementaux, tels la consommation d'alcool, sont en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre enseignement marquant de cette étude, les hommes - et dans un moindre
mesure les femmes - sont inégaux devant l'assurance vieillesse. La probabilité
d'arriver à 65 ans est d'autant plus faible que les personnes sont peu
diplômées et ont commencé à travailler tôt. Les ouvriers de 35 ans courent deux
fois plus de risques de ne pas dépasser les 65 ans que les cadres et
professions libérales (tableau 3). En outre, la retraite des manuels est plus
brève que celles des professions intellectuelles. L'INSERM précise notamment
que 45% des ouvriers spécialisés ayant pris leur retraite en 1972 étaient
décédés 10 ans plus tard, contre 18% des techniciens et cadres. Pourtant ces
O.S. avaient, en moyenne, cessé leur activité 3 ans avant les professions
intellectuelles. Il est ainsi fort probable que les retraites par répartition
contribuent à accroître les inégalités sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, malheureusement, les chercheurs de l'institut national sont
extrêmement peu prolixes sur ce sujet qui reste éminemment tabou. S'il est
politiquement correct d'agiter le spectre des inégalités sociales pour
légitimer la mise en place d'une assurance maladie universelle, il serait
parfaitement malsain de faire état des mêmes inégalités pour mettre en doute le
caractère &amp;quot;social&amp;quot; ou &amp;quot;redistributif&amp;quot; de la répartition.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le Monde est-il encore un journal d’information ?</title>
    <link>http://www.quelleretraite.com/post/2000/03/27/Le-Monde-est-il-encore-un-journal-dinformation</link>
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    <pubDate>Mon, 27 Mar 2000 00:02:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas</dc:creator>
        <category>Choix capitalisation/répartition</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Monde vient de publier un article sur les retraites qui est un
modèle de désinformation (Du modèle « bismarckien » au modèle
« béveridgien », édition du 23 mars, page 11). Passons sur le titrage, qui
n’a aucun rapport avec le papier, et attachons nous à relever les sept
« perles » les plus croustillantes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Première contrevérité : « Dans presque tous les pays, on augmente
l’âge de la retraite, on relève les cotisations et on diminue les prestations
». Cette affirmation, mise en exergue par un sous titrage, est fausse. Il
existe des pays où la transition à la capitalisation a permis de diminuer
cotisations, tout en augmentant les prestations. Dans la mesure où les
cotisations retraite sont désormais placées, celles-ci permettent de constituer
des pensions sensiblement plus importantes. Conséquence immédiate : les
actifs qui le désirent peuvent partir à la retraite plus tôt, comme on
l’observe dans plusieurs pays d’Amérique Latine ayant opté pour la
capitalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxième contrevérité : « La capitalisation est-elle plus adaptée
que la répartition … la retraite par capitalisation a montré ses limites avec
la ruine de nombreux cotisants pendant la seconde guerre mondiale ». Si de
nombreux épargnants ont vu leur pouvoir d’achat amputé par l’inflation, la
responsabilité de cette dernière incombe aux pouvoirs publics et non aux
marchés financiers. Ce sont les autorités monétaires qui ont rogné la valeur de
la monnaie, ce qui a diminué d’autant l’épargne retraite, massivement investie
en titres publics. Des spoliations du même ordre peuvent se produire dans un
système par répartition, comme l’illustre la situation des actuels retraités de
l’ex URSS. Ils perçoivent des pensions par répartition dont le montant n’est
pas été réévalué en fonction de l’inflation. Certains d’entre eux sont réduits
à la mendicité mais, là encore, il ne s’agit d’une faillite des autorités et
non du marché.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisième contrevérité : « La ruine de nombreux cotisants pendant
la seconde guerre mondiale … est l’une des raisons qui ont fait que la France
du général de Gaulle a choisi la répartition ». C’est René Belin qui a
enclenché la transition à la répartition le 14 mars 1941. Cet ancien secrétaire
de la CGT était, à l’époque, secrétaire d’Etat au travail du gouvernement de
Vichy. Ayant besoin de liquidités, Belin se proposait de réaliser le rêve de
nombre de gouvernements de la IIIème République. Il s’agissait de mettre la
main sur l’épargne retraite des français, qui serait devenue inutile dans un
contexte de répartition. Ce tour de passe-passe permettait de financer la mise
immédiate en place de l’allocation aux vieux travailleurs salariés (AVTS). Dans
ses mémoires, Belin confie que « persévérer dans la capitalisation,
c’était escroquer les assurés sociaux, car il eût été illusoire d’escompter que
l’Etat, lui-même ruiné par la défaite, pût jamais reconstituer à suffisance –
et à perpétuité – les capitaux dévastés par une érosion monétaire dont la fin
n’était pas prévisible ». En la matière, le général de Gaulle n’a fait
qu’entériner les choix de Vichy. On notera d’ailleurs que ce sont deux anciens
conseillers de René Belin, Françis et Netter et Pierre Laroque, qui mettront en
place la Sécurité sociale à la Libération.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatrième contrevérité : au « Chili, on observe que les fonds de
pension ne s’intéressent qu’aux clients les plus ‘profitables’ ». Affirmation
fausse et gratuite. Depuis les réforme des années 1980, 99% des travailleurs
chilien ont ouvert un plan d’épargne retraite. Lucas Delattre, auteur de
l’« article » du Monde, devait être pressé par les impératifs de
bouclage du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinquième contrevérité : « En Angleterre, il y a des fonds qui
disparaissent et des gens qui restent sur le tapis, mais on en parle pas ». Si,
justement on en parle. Toute la gauche bien pensante met systématiquement en
avant la faillite de Maxwell pour fustiger les dangers de la capitalisation.
Cet employeur avait utilisé l’épargne retraite de ses salariés pour financer
les dépenses courantes courante de son entreprise. Ce montage - qui est
exactement celui des régimes par répartition - permit au financier d’éponger
une partie de ses pertes. Mais la chute de Maxwell entraîna l’interruption du
versement des pensions complémentaires de ses anciens employés. Or, cet épisode
malheureux n’est pas représentatif des potentialités de la capitalisation. Au
lieu de s’adresser à son employeur, le futur retraité à tout à gagner à faire
appel aux institutions spécialisés qui géreront son épargne au mieux de ses
intérêts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la conclusion du journaliste du Monde est savoureuse puisqu’elle
mélange contresens logique et contrevérité factuelle : « Les
provisions légales obligatoires atténuent les risques. Il n’empêche : au
Chili ou en Pologne les rendements des fonds de pension sont inférieurs à ce
qui était espéré ». On objectera tout d’abord que, par définition, les
retraites par capitalisation sont provisionnées, contrairement aux retraites
par répartition. Elles sont donc nettement moins risquées que ces dernières. On
objectera ensuite que les taux de rendements obtenus dans les pays ayant opté
pour la capitalisation sont sensiblement au dessus des prévisions initiales.
Par exemple, l’épargne des travailleurs chiliens a été rémunérée à 11,2% (par
an) sur les 19 dernières années, alors que les autorités tablaient initialement
sur un taux de retour de 4% l’an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dire que les journalistes du Monde prétendent faire œuvre
d’information...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Les interactions entre démographie, répartition et capitalisation</title>
    <link>http://www.quelleretraite.com/post/2000/01/01/Les-interactions-entre-demographie-repartition-et-capitalisation</link>
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    <pubDate>Sat, 01 Jan 2000 23:43:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas</dc:creator>
        <category>Choix capitalisation/répartition</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le débat français sur l’avenir des retraites fournit une excellente
illustration des pesanteurs et des blocages de notre société. D'année en année,
la publication de rapports publics, l’organisation de concertations ou les
projets de réforme suscitent les mêmes réactions stéréotypées Les représentants
des syndicats de &amp;quot;salariés&amp;quot;, ainsi qu’une grande partie du personnel politique,
hostiles à toute mesure qui, de près ou de loin, permettrait aux français de
capitaliser plus facilement, affirment haut et fort leur attachement à la
répartition. Dans le même temps, ils ne soutiennent pas les mesures censées
pérenniser le fonctionnement de l'assurance vieillesse, tel l'allongement de la
durée de cotisation pour une retraite à taux plein. Plus surprenant, les
syndicats – qui gèrent l'assurance vieillesse des travailleurs salariés –
pratiquent un double jeu. Ils recrutent une grande partie de leurs adhérents
dans la fonction publique et notamment chez les fonctionnaires. A l'évidence,
ces derniers ne sont pas concernés par la répartition puisque leurs pensions
sont à la charge du budget depuis 1853. Dans la mesure où les retenues sur les
traitements des fonctionnaires en activité sont notoirement insuffisantes,
l'essentiel des pensions versées aux retraités est effectivement financé par
l'impôt. Soucieux de pérenniser cette pratique, et les avantages qui y sont
associés, les syndicats ont bruyamment refusé la création d'une caisse de
retraite des agents de la fonction publique de l'Etat en 1995. Ainsi, ceux qui
gèrent la répartition du privé refusent de l'appliquer au public. Plus
surprenant encore, les syndicats – qui ont mis en place des fonds de pension
catégoriels dans le public – refusent leur libéralisation dans le privé au
motif que cela risquerait de fragiliser la répartition. Soucieux de ne pas
froisser son électorat traditionnel, le gouvernement Jospin a pris le parti de
jouer la carte de l'attentisme tout en multipliant concertations et rapports
publics. C'est ainsi que plus d’une demi-douzaine de rapports sur les retraites
ont été publiés depuis 1997 . Or, l'impact de ces travaux, censés établir un
diagnostic et présenter des pistes de réforme, est plus que mitigé. Le
gouvernement, qui n'opte pas pour une ligne de conduite claire, s'est contenté
de mettre en place un fonds de réserve, solution hybride cumulant les
inconvénients de la capitalisation collective et de la répartition . Pourtant,
les projections démographiques sont sans appel. Les régimes de retraite par
répartition vont être doublement pénalisés par le vieillissement de la société
française. D'une part, les charges de l'assurance vieillesse vont sensiblement
augmenter à partir de 2006, lorsque les générations issues du Baby-Boom feront
valoir leur droit à la retraite. D'autre part, les recettes de la répartition
vont diminuer puisque le nombre de personnes en âge de cotiser va stagner,
voire baisser, durant les quarante prochaines années (Graphique 1). Les ratios
de dépendance vont se détériorer sensiblement : alors qu'en moyenne dix
personnes d'âge actif subvenaient aux besoins de quatre retraités en 1995, dix
actifs devraient théoriquement assumer la charge de sept retraités en 2040
(Tableau 1). Les régimes de retraite par répartition, qui ne font que
redistribuer les cotisations prélevées sur les actifs, vont donc devoir
restreindre le montant des pensions et augmenter les taux de cotisation. Depuis
1993, le mode de calcul des retraites du privé a été progressivement modifié à
cette fin. Il en résultera une baisse sensible des retraites du régime général
et, surtout, des prestations des régimes complémentaires (Tableau 2). Mais ces
mesures restent insuffisantes puisque le rapport Charpin chiffre les besoins de
financement annuels entre 700 et 800 milliards de francs en 2040. Il faudra
donc accroître conjointement le taux des cotisations vieillesse. Les
projections du Ministère des Affaires sociales tablent sur une augmentation des
cotisations apparentes de 6 à 13 points, selon que les pensions seront
réévaluées en fonction des prix ou des salaires (Tableau 3). Précisons que ces
chiffrages n'intègrent pas les effets négatifs de l'augmentation des charges
sociales sur l'activité. Or, un accroissement aussi important des taux de
cotisation ne manquerait pas de pénaliser l'emploi, et donc de dégrader plus
encore la situation des comptes sociaux. En dépit du caractère fort inquiétant
de ces projections, nombre d'experts institutionnels continuent de s'interroger
ouvertement sur l'utilité des réformes. Certains prétendent que la répartition
ne serait pas fragilisée par le vieillissement de la société française
puisqu'il serait possible de compenser la montée des dépenses d'assurance
vieillesse. D'autres soulignent que tout recours à la capitalisation serait
illusoire dans la mesure où cette dernière serait, elle aussi, tributaire de la
démographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Economiser sur la jeunesse pour financer les retraites
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'image de Pierre Concialdi, certains économistes considèrent que l'avenir
des retraites par répartition n'est pas hypothéqué par l'évolution de la
démographie. Ils prétendent que le vieillissement permettra de réaliser des
économies compensant plus ou moins le surcoût lié à l'augmentation du nombre de
retraités . A les entendre, la baisse de la natalité permettrait de réaliser
des économies sur la jeunesse. Il serait possible de réaffecter une partie des
ressources de la branche famille ou des budgets de l'Education nationale au
profit des dépenses d'assurance vieillesse. En outre, la baisse de la natalité
et la diminution de la population d'âge actif qui en découle induirait une
baisse du chômage. Une partie des fonds consacrés à la politique de l'emploi
pourrait donc être affectée au profit de l'assurance vieillesse. In fine, il
serait possible de faire face au vieillissement des régimes de retraite sans
modifier radicalement le taux des prélèvements obligatoires. Mais une analyse
plus fine montre qu'il est illusoire de prétendre faire face aux conséquences
financières du vieillissement en se livrant à un tel jeu de vases communicants.
L'économie de la famille nous enseigne que, exception faite des effets de
seuil, les dépenses moyennes par enfant sont inversement proportionnelles au
nombre de descendants. Les économies réalisables dans le contexte actuel sont
donc moins importantes que la baisse de la natalité. En outre, une politique de
réduction des aides à la famille risquerait d'être contre-productive puisque,
comme le montre Jacques Bichot, la survie des régimes de retraite par
répartition est liée au renouvellement de leur base contributive . Si la
réaffectation des moyens de la branche famille au profit de l'assurance
vieillesse peut être une source d'économie à court terme, elle risque de
déprimer la natalité et ainsi de fragiliser plus encore la répartition à moyen
terme. Les économies sur les dépenses d'éducation sont tout aussi incertaines.
L'expérience des dernières années nous montre qu'en dépit des baisses
d'effectifs scolarisés, les budgets ont jusqu'à présent continué de croître.
Dans la mesure où l'essentiel des dépenses d'éducation ont trait aux personnels
et que ces derniers disposent d'un statut extrêmement protecteur, il paraîtrait
illusoire de penser dégager rapidement des économies permettant de combler les
déficits de l'assurance vieillesse dès 2006. Enfin, les économies consécutives
à la baisse du chômage sont encore hypothétiques. D'une part, les bénéfices de
la baisse conjoncturelle sont plus que compensés par la mise en oeuvre des 35
heures . D'autre part, il n'est pas certain que la tendance actuelle se
poursuive. La création d'emploi va généralement de pair avec le dynamisme de la
population active et, a contrario, le vieillissement pourrait s'accompagner de
déséquilibres persistants sur le marché du travail. Aussi, les économies
potentielles semblent fort aléatoires au regard de besoins financiers
consécutifs à l'accroissement du nombre de retraités. L'autre ligne de défense
des tenants du statu quo consiste à insister sur les prétendues similitudes
entre répartition et capitalisation. Les deux modes de prévoyance retraite
seraient pareillement affectées par le vieillissement, tant du point de vue des
dépenses que de leur financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les théories de l'équivalence entre la répartition et la
capitalisation et leurs limites&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un côté certains économistes - tels Dupont et Sterdyniak - soulignent que
l'allongement de la durée des retraites suscite une hausse des dépenses,
indépendamment du fait que l'on soit en répartition ou en capitalisation. De
même que l'assurance vieillesse va devoir augmenter ses recettes pour subvenir
aux besoins de plus de retraités à partir de 2006, les actifs qui désireraient
capitaliser devraient amasser plus d'épargne puisque leur espérance de vie à la
retraite augmente. D'un autre côté, les défenseurs du statu quo prétendent que
le choix du système de retraite serait neutre du point de vue du financement
des retraites. Pour Euzéby &amp;quot;quel que soit le système considéré – répartition ou
capitalisation – les sommes qui sont affectées à son financement constituent,
de toute façon des transferts des revenus des actifs vers les retraités&amp;quot; .
Aussi, comme le résument Dupont et Sterdyniak &amp;quot;tout système de retraite procède
donc de la répartition&amp;quot; . Il ne faut pas se laisser séduire par ces propos.
S'il est vrai qu'en capitalisation le coût des rentes viagères augmenterait en
fonction de l'espérance de vie à la retraite, force est néanmoins de constater
que la capitalisation est sensiblement mieux immunisée que la répartition
contre les conséquences du vieillissement. Le lien entre démographie et
répartition est connu des économistes depuis les travaux de Paul Samuelson .
Dans les années cinquante, ce futur prix Nobel notait que l'assurance
vieillesse, financée par les cotisations prélevées sur les actifs, pouvait
distribuer des pensions plus ou moins élevées en fonction du taux de croissance
de la population active. Par analogie avec la capitalisation, l'économiste
américain avait développé le concept de &amp;quot;rendement implicite&amp;quot; de la
répartition. Il considérait que la répartition rapportait un &amp;quot;taux d'intérêt
biologique&amp;quot; : plus la population active augmentait vite, plus la
répartition était attrayante. Selon Samuelson, le choix de la capitalisation ou
de la répartition pouvait être neutre si le taux de croissance de la population
était égal au taux d'intérêt. Or, à l'évidence, nous sommes loin d'être dans
cette situation. D'ici peu, les taux de croissance de la population active – et
de la masse salariale – vont décliner. Ils pourraient devenir nuls voire
négatifs, ce qui réduirait plus encore l'intérêt de la répartition . Certains
experts institutionnels cherchent à masquer cette dure réalité. Observant que
la masse salariale a rétrospectivement évolué comme le PIB, ils ont pris
l'habitude de considérer que le &amp;quot;rendement implicite&amp;quot; de la répartition est
égal au taux de croissance du PIB. Cette approximation, qui est d'autant moins
justifiée que les ratios démographiques évoluent aujourd'hui négativement, sert
aujourd'hui de fer de lance aux défenseurs du statu quo. Exhumant des modèles
de théorie économique prédisant une convergence du taux de croissance de
l'économie et du taux de rendement du capital, ils prétendent que la
capitalisation sera moins attrayante dans le futur. A les entendre, son
rendement devrait mécaniquement chuter pour s'aligner sur celui de la
répartition. Il serait dès lors inutile de remettre en cause le tout
répartition. Mais la majorité des économistes refuse de cautionner ce scénario,
y compris les membres du Conseil d'analyse économique mis en place par l'actuel
Premier ministre. Ces derniers considèrent que, même dans l'hypothèse où le
vieillissement affecterait pareillement répartition et capitalisation, cette
dernière continuerait d'être largement profitable. Selon Davanne et Pujol, un
actif qui capitaliserait entre 30% et la moitié des sommes aujourd'hui
prélevées au titre de la répartition disposerait à terme d'un pouvoir d'achat
identique au pensionné de l'assurance vieillesse. Le taux de prélèvement
implicite, c'est-à-dire le manque à gagner du cotisant en répartition,
oscillerait entre 50 et 70% des prélèvements sociaux . Aussi, le recours à la
capitalisation serait-il d'autant plus justifié qu'il permettrait plus
facilement de faire face à l'augmentation des besoins financiers consécutive à
l'augmentation de l'espérance de vie à la retraite. Non contents d'occulter le
lien fondamental entre démographie et répartition, les défenseurs du statu quo
s'offrent le luxe de souligner que la capitalisation n'est pas à l'abri du
vieillissement. D'une part, ils prétendent que le vieillissement s'accompagnera
d'un ralentissement de l'activité économique remettant en cause l'attrait de la
capitalisation. D'autre part, ils agitent le spectre d'un &amp;quot;Papy Krach&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les théories du vieillissement de la capitalisation et leurs
limites&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la démographie interagit avec l'économie, il convient de relativiser les
propos de ceux qui prétendent que la capitalisation deviendrait inintéressante.
Le vieillissement aura naturellement des conséquences économiques, même s'il
est difficile de les quantifier. Il est possible que le rendement du capital
diminue et que l'épargne retraite investie dans les économies vieillissantes
telles que la France soit moins bien rémunérée. Mais il convient d'objecter
qu'un vieillissement s'accompagnant d'une stagnation économique affecterait
encore plus les régimes par répartition. En effet, ceux-ci sont tributaires
d'une seule économie et d'une seule démographie. A contrario, la capitalisation
offre deux avantages : elle permet d'amortir le financement des retraites,
d'une part, dans le temps et, d'autre part, dans l'espace. Il est acquis que le
contre-choc du &amp;quot;Papy Boom&amp;quot; s'accompagnera d'un accroissement des dépenses
sociales. La recherche de la sécurité et de l'équité intergénérationnelle
implique que cette réalité soit prise en compte dès à présent, en préfinançant
ces dépenses. Il est en effet plus réaliste et juste d'inciter les actifs,
encore nombreux, à épargner plutôt que de tabler sur un hypothétique
accroissement des taux de cotisations sociales pesant sur des jeunes
générations moins étoffées. Pour s'en convaincre, prenons un cas théorique
extrême et supposons que les générations d'actifs ne soient plus remplacées en
France suite à un arrêt complet des naissances. A terme, faute de cotisants,
l'assurance vieillesse n'aurait plus de recettes et ne pourrait pas distribuer
de prestations retraite à la dernière génération d'actifs, indépendamment du
fait que cette génération &amp;quot;sacrifiée&amp;quot; ait préalablement cotisé en répartition.
A contrario, les personnes ayant pu capitaliser auraient la certitude de
disposer d'une retraite. Bien sur, le rendement d'une capitalisation
franco-française serait affecté par le vieillissement qui, dans notre exemple
extrême, se traduirait par la disparition de toute l'économie française lorsque
les derniers actifs prendraient leur retraite. Mais cela ne poserait pas de
problème insurmontable puisque la capitalisation est diversifiable
géographiquement. Contrairement à la répartition – tributaire d'une seule
économie et d'une seule démographie – la capitalisation repose sur des marchés
financiers internationalisés. Là où la répartition cumule tous les
inconvénients en phase de vieillissement, la capitalisation permet de faire
fructifier l'épargne des futurs retraités dans des pays présentant de
meilleures perspectives économiques et démographiques. Ainsi, elle apparaît
d'autant plus intéressante dans le contexte actuel. Le spectre d'un krach
boursier, agité par les défenseurs du statu-quo, est tout aussi contestable. Si
les marchés financiers connaissent des a-coups conjoncturels, ils sont
relativement réguliers sur la longue période. Aussi, les performances de la
capitalisation sont-elles relativement stables, dès lors que l’on prend en
compte l’horizon temporel du futur retraité . En dépit des discours alarmistes
sur le caractère inéluctable d'un &amp;quot;Papy Krach&amp;quot;, il n'y a pas de raison que
cette réalité change. Si l'on en croit Euzéby, un recours à la capitalisation
serait contre-productif puisque le vieillissement s'accompagnerait de ventes
massives d'actifs financiers. Les retraités occidentaux réduiraient leur
épargne dans un contexte où les jeunes générations – plus clairsemées – ne
pourraient pas compenser intégralement le mouvement en achetant les titres mis
en vente. Il s'en suivrait une baisse des cours et des taux d'intérêts, ce qui
rendrait la capitalisation moins attrayante . La même idée est défendue par
Dupont et Sterdyniak. Les deux économistes de l'OFCE considèrent que lorsque
&amp;quot;les régimes de retraite &lt;a href=&quot;http://www.quelleretraite.com/post/2000/01/01/par%20capitalisation&quot; title=&quot;par capitalisation&quot;&gt;par capitalisation&lt;/a&gt; commenceront à réduire leur
accumulation d'actifs, puis à les réaliser pour servir les droits acquis, le
risque est grand que cela entraîne une chute de la Bourse&amp;quot; . Ce raisonnement –
bien relayé par le lobby de la répartition – ne tient pas compte, là encore,
des possibilités d'une économie ouverte. Au delà du fait que l'on n'observe pas
de corrélation simple entre taux d'épargne des ménages et le poids des
retraités , il apparaît que les différents pays ne vieillissent pas au même
rythme. S'il est possible qu'un mouvement de désépargne affecte certains pays
vieillissants d'ici quelques décennies, il est tout à fait possible qu'il soit
compensé par une croissance de l'épargne dans des pays plus jeunes ou ayant
recours à la capitalisation. De nombreux Etats ont déjà mis en œuvre des
dispositifs par capitalisation ou envisagent de le faire dans un futur proche.
Faute de pouvoir en donner une liste exhaustive, il est par exemple possible de
faire état des réalisations des pays d'Amérique Latine ou des projets chinois.
Aussi, l'argumentaire des tenants de la répartition n'est pas satisfaisant d'un
point de vue démographique et économique. Pour autant, il est parfaitement bien
relayé en France où il contribue à justifier le statu quo et l'immobilisme des
autorités. Il représente une véritable aubaine pour des pouvoirs publics
inscrivant leur action dans le court terme. A l'image du gouvernement Jospin –
qui s'est refusé à aligner les retraites du public sur celles du privé et vient
de revaloriser ces dernières –, les gouvernants ont intérêt à s'attirer les
bonnes grâces des actifs et des retraités qui conditionnent leur réélection.
Ils seront enclins à reporter le poids du vieillissement sur les générations à
naître qui, en tout état de cause, ne risquent pas de les sanctionner
électoralement. Mais, à long terme, cette pratique risque d'être tout aussi
destructrice que les agissements des gouvernants de l'entre-deux-guerres.
Incapables d'assumer leurs engagements financiers, ils eurent recours à
l'inflation, ruinant ainsi des générations de retraités jusqu'à ce que le
gouvernement de Vichy mette en place la répartition, dès 1941 . Espérons que la
classe politique sera de nos jours plus clairvoyante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références bibliographiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bichot, J. (1999) &amp;quot;Retraites, réinventer la répartition ?&amp;quot; Commentaire, n°85
printemps. Bonnet, C. &amp;amp; Mahieu, R. (1999) &amp;quot;Microsimulation techniques
applied to intergenerational transfers Pensions in a dynamic framework :
the case of France&amp;quot; INSEE, document de travail G9906 37p. Charpin, J.-M. (1999)
L'avenir de nos retraites, Commissariat général du Plan. Concialdi, P. (1997)
&amp;quot;Le débat sur les retraites : l'alibi de la démographie&amp;quot; Revue de l'IRES,
n°23 hiver. Davanne, O. &amp;amp; Pujol, T. (1997) &amp;quot;Analyse économique de la
retraite par répartition&amp;quot; Revue française d’économie, volume XII hiver. Dupont,
G. &amp;amp; Sterdyniak, H. (2000) Quel avenir pour nos retraites, La Découverte.
Euzeby, A. (1997) &amp;quot;Une solidarité indispensable&amp;quot; Revue internationale de
sécurité sociale n°3/1997 ou Problèmes économiques n°2554, 4 février. Euzeby,
A. (1999) &amp;quot;Retraite : les dangers de la capitalisation&amp;quot;, CREDHESS Sociétés
&amp;amp; Représentations, Hors-série.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Marques, diplômé de l'E.S.C. Lyon et docteur en Sciences
économiques, enseigne l’économie à l’Institut d’Etudes Politiques
d’Aix-en-Provence. Auteur de travaux soulignant l’intérêt d’une libéralisation
de la protection sociale, il anime le site internet www.quelleretraite.com.&lt;/p&gt;</description>
    
          <enclosure url="http://www.quelleretraite.com/public/Conflit_Demographie_Retraites.pdf"
      length="39575" type="application/pdf" />
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La réforme des retraites, par Gary Becker, prix Nobel d'économie 1992</title>
    <link>http://www.quelleretraite.com/post/2000/01/01/La-reforme-des-retraites-par-Gary-Becker-prix-Nobel-deconomie-1992</link>
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    <pubDate>Sat, 01 Jan 2000 23:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicolas</dc:creator>
        <category>Choix capitalisation/répartition</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un Problème international&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les problèmes de la retraite par répartition, en France comme aux
Etats-Unis, sont communs à tous les pays. Nous allons débattre des alternatives
à ce système, des avantages, ainsi que des difficultés que nous devons prendre
en compte pour assurer la transition entre un système par répartition et un
système de responsabilité individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la transition qui est préoccupante. Ce serait plus facile si nous
avions tous commencé dans des systèmes d'épargne privés. Malheureusement le
monde occidental a commencé par la répartition avec Bismarck. Ce système existe
depuis 100 ans dans quelques pays d'Europe, depuis 60 ans aux Etats-unis. Le
problème est difficile à résoudre. Il y a un aspect politique, et un aspect
économique pour effectuer cette transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pays d'Asie ont beaucoup de chance, ils n'ont pas de système de
retraite à part le plus ancien : la famille. Le système le plus ancien, le
plus efficace historiquement est lorsque les enfants s'occupent des parents
devenus plus âgés. C'est le cas en Asie et dans de nombreux pays, mais
maintenant l'Asie voudrait introduire un système de retraite officiel. Je viens
de recevoir une invitation pour une conférence qui doit se tenir en Chine en
juin, pour -étudier le système à adopter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Amérique du Sud, les pays tels que le Chili, copiés par l'Argentine et
d'autres, ont commencé par la répartition et ils ont fait leur transition, vers
un système d'épargne individuelle. C'est l'un des rares domaines de réforme
économique où l'Amérique latine a été à l'avant-garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en train d'en discuter aux États-Unis, en Europe et ailleurs. Le
problème de base est celui des retraités, aggravé par le fait que les taux de
natalité vont décroître beaucoup plus en Europe qu'aux États-Unis, beaucoup
plus en France qu'aux États-Unis, plus encore en Espagne et au Portugal. Ils
sont bas aussi dans les pays asiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux États-Unis, nous avons un taux de natalité qui est assez haut par
rapport aux Européens, et les gens vivent plus longtemps. Nous allons être plus
longtemps en bonne santé et être également des membres productifs de la
société. Le problème à court terme est que le système par répartition doit
prélever encore plus de cotisations pour payer les retraités, pendant plus
longtemps. Un changement doit donc se faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate la rapidité de ce changement aux États-Unis. Vous devez savoir
que j'étais conseiller du sénateur Dole lors de la dernière campagne de 1996,
il nous a dit que la réforme des retraites n'était plus un tabou et j'espère
que les politiciens ont appris la leçon. La bataille sera très dure mais elle
surviendra car les faiblesses du système actuel sont énormes et ne font que
croître.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En général une réforme se produit lorsque les difficultés de la politique
gouvernementale sont telles que les lobby, les politiciens qui supportent le
système, ne peuvent avoir suffisamment de soutien pour continuer cette
politique. C'est la raison pour laquelle nous pouvons espérer que nous allons
voir ces réformes se produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un système par répartition est politiquement
mauvais&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le problème intrinsèque de la répartition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pense pas que le système lui-même soit en défaut comme on le dit très
souvent, mais le problème de base est que c'est un système politiquement
mauvais. La répartition ne donne pas de bases fondamentales pour la
détermination du montant des retraites, ni pour déterminer à quel âge on peut
la prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi dans tous les systèmes par répartition que je connais, quelle que soit
la région du monde, que ce soit l'Amérique latine, l'Amérique du Nord, l'Europe
ou les pays asiatiques, alors que la natalité baisse, que la fraction de la
population âgée augmente, que d'autres changements se produisent, la
répartition continue et la générosité de ce système continue de croître !
L'âge auquel on peut en tirer bénéfice a été réduit, l'importance de ces
bénéfices augmente, les cotisations augmentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces décisions ne sont pas liées au système par répartition. C'est la
politique qui détermine ce qui se passe dans la répartition et c'est là un vice
fondamental du système. C'est la raison essentielle pour laquelle à travers le
monde il y a actuellement de tels problèmes économiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous regardez l'activité de tous, les personnes âgées sont beaucoup plus
actives politiquement parlant que les autres. Tout d'abord parce qu'elles ont
plus de temps, et sont souvent très efficaces. Je connais les autorités aux
Etats-Unis, j'ai écrit quelques articles sur les systèmes privés, et les
retraités, pour la plupart, commencent à parler de diminuer les bénéfices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera extrêmement difficile en Europe de convaincre les politiciens de la
nécessité d'une réforme radicale du système. L'avantage principal d'un système
individuel est, qu'avec ce système, les individus, les familles, épargnent, et
lorsqu'ils atteignent un certain âge, ils peuvent retrouver une somme qu'ils
peu vent dépenser comme ils veulent, ou qu'ils peuvent convertir en rente.
Voilà ce que veut dire un système de comptes individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avantage politique d'un tel système est de fournir une base claire pour
les retraites, cette base dépendant du montant et de la durée des cotisations.
La composition du portefeuille est moins importante, chacun peut choisir, c'est
l'avantage d'un système privé. Avec les versements et les intérêts cumulés, à
la fin de leur vie active, à 60, 65 ans, ou quel que soit l'âge, les individus
disposent d'un certain capital. Ceux qui auront travaillé 40, 50 ans et qui
auront payé des cotisations importantes, seront plus riches ayant accumulé un
capital déterminant la retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est très important puisque nous avons là un système bien défini, une
compréhension explicite de la valeur des retraites. A l'inverse avec la
répartition il n'y a pas de base claire et nette pour déterminer le montant des
retraites et les politiciens peuvent toujours intervenir. Il n'y a pas de
protection contre la corruption politique. Dans un système privé il y a une
certaine immunité contre une manipulation politique. L'interventionnisme se
heurtera à une notion très clairement définie des retraites. Le désavantage
fondamental d'un système par répartition est qu'il crée une variété d'autres
difficultés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un système par répartition est économiquement
mauvais.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quittons maintenant la politique pour voir les aspects économiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les coûts d'un système par répartition ? J'ai mentionné tout
à l'heure que la répartition était en difficulté financière en raison de
l'espérance de vie accrue et d'un taux de natalité diminué. Ce sont les
facteurs déterminants qui amèneront à des problèmes économiques. Les retraites
seront plus importantes lorsque le système sera privé, les bénéfices et les
indemnités seront la propriété des individus. Aujourd'hui on parle des
retraites comme de bénéfices sociaux, on vous donne des annuités à 65 ans, on
vous dit que ces annuités ne vous seront versées que lorsque vous arrêterez de
travailler. C'est un concept de retraite totalement différent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un système privé fonctionnant parfaitement donne des bénéfices après un
certain temps, indépendant de l'âge de la retraite. Les raisons qui font
qu'elles dépendent, dans la plupart des pays du monde, de la politique, surtout
aux États-Unis et en Amérique latine avant la réforme, conduisent à une
retraite à 60 ans et de plus en plus à 55 ans. Ce retrait de la main-d'oeuvre
arrive parallèlement à une santé mentale et physique accrues, à une
amélioration sans précédent de la longévité. Les améliorations des 40 dernières
années sont énormes, si énormes que les personnes qui arrivent à 60 ans
deviennent de grands spécialistes, et prétendent qu'il n'y, a pas de limite
naturelle de vie saine. Je ne sais pas si c'est vrai, je pense que l'évolution
génétique a certaines limites naturelles, mais ces limites sont repoussées de
plus en plus, de 20 à 30 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes âgées sont en meilleure santé aussi bien physique que mentale,
ce qui entraîne un changement important. L'économie change, s'éloignant des
activités physiques. Aujourd'hui les activités ne sont plus des activités
physiques mais intellectuelles, de capital humain. Les compétences sont
différentes et tout le monde excelle à tous les niveaux. Lorsqu'on peut
travailler et qu'on ne nous oblige pas à nous retirer, notre productivité est
grande. L'économie bouge, passant d'une société industrialisée à une société
beaucoup plus intellectualisée et il faut encourager ce type d'emploi. Nos
systèmes par répartition changent les règles continuellement et poussent de
plus en plus les gens à quitter leur activité à la force de l'âge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe a toujours été un leader et je vais vous donner quelques exemples.
La France n'est pas au mieux mais ce n'est pas le pire. Les pires sont la
Belgique et l'Italie. En Belgique les 2/3 des individus de 55 à 65 ans ne
travaillent pas, en Italie les 3/4, en France 60 % des personnes de plus de 60
ans. Même chose en Hollande, un peu moins au Royaume-Uni et un peu moins en
Allemagne. Les gens devenant plus âgés, veulent partir en retraite, mais sur
quels critères ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons les pays qui ont des niveaux de revenus, une richesse et une
culture comparables et une politique différente. L'exemple le plus proche est
les États-Unis et le Canada où ces taux sont beaucoup plus bas. Ce n'est pas
pour des raisons de santé, les Européens ne sont pas en plus mauvaise santé que
les Américains, ils sont même en meilleure santé. Au Japon, autre pays de
culture différente, seulement 20 % des Japonais entre 55 et 65 ans ne
travaillent pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayons de voir ce qui pousse à des retraites anticipées. A quel âge
peut-on prendre sa retraite, et à quel âge la prend-t-on ? En France par
exemple, c'est 60 ans. Je pense que les économistes français ont certainement
plus de données que moi, mais en 1972 l'âge de la retraite était de 65 ans, il
n'y avait pas de retraite anticipée et en 1983, 60 ans est devenu l'âge moyen
auquel on peut avoir une très bonne retraite. Les Français en ont profité.
L'autre facteur est : à quel âge pouvons-nous prendre notre retraite,
c'est-à-dire optimiser les allocations ? Dans tous les pays cet âge a
diminué de plus en plus. La France est quelque part au milieu. Ceci est induit
par la politique des autorités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut établir un contraste avec le système d'épargne individuelle. Il n'y
a pas de raison pour que lorsqu'on ne travaille pas, on reçoive une rente. On
peut avoir une rente à 65 ans et continuer à travailler. Ce sont des décisions
tout à fait indépendantes, l'une ne dépend pas de l'autre, et ne dépend pas en
tout cas de l'âge de la retraite. Le système d'épargne individuelle va séparer
l'âge auquel on touche une rente de l'âge de la retraite. On peut choisir l'âge
auquel on veut prendre sa retraite, on doit avoir le choix, par exemple si
notre santé n'est pas très bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des conséquences de tout ceci sera que les couches de population plus
âgées, seront peut-être obligées de continuer à travailler pour avoir un
revenu, pour garder leur travail ou parce qu'ils l'aiment bien. Ils pourraient
contribuer au revenu national avec une cotisation pour financer la transition,
et la productivité serait augmentée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une perte majeure pour l'économie dans un marché du travail qui
fonctionne bien. La France malheureusement n'est pas dans cette catégorie. La
France a un marché du travail qui n'est pas très bon, la libéralisation du
marché doit se faire. Je regrette d'être aussi radical mais les gens ont le
droit de travailler, s'ils veulent travailler, et là il y aura une contribution
de taille. On ne doit pas sous-estimer les contributions potentielles, nous
parlons des âges de 55, 65 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect psychologique est également très important. Un des aspects le plus
néfaste de la répartition est les cotisations élevées prélevées. Ces
cotisations sont de 20 % en France, dans quelques pays européens les chiffres
sont encore plus élevés, 15 % aux États-Unis mais comme Ed Crane l'a dit, si
nous continuons de cette façon ce chiffre va s'élever dans les décennies à
venir. Ce chiffre est dû au fait qu'il n'y a pas de relation entre la
répartition et ce que l'on reçoit lorsqu'on part à la retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas l'appeler une cotisation de retraite, il faut l'appeler un
impôt prélevé pour financer les retraites. C'est un impôt assez important et
c'est une des raisons pour lesquelles l'Europe a un tel problème, pour créer
des emplois. Parallèlement il y a eu une croissance énorme aux Etats-Unis. Cela
n'a rien à voir avec les temps modernes ou la technologie moderne, tout ceci a
trait à la façon dont le marché fonctionne en Europe. Avec une cotisation de 40
ou 50 % imposée aux entreprises, l'Europe n'a pas d'avenir, à moins de faire
des réformes immédiatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En répartition la cotisation est un impôt sur le revenu. Dans un système
d'épargne individuelle, la retraite n'est pas un impôt mais une épargne, cela
ne décourage pas les travailleurs, cela n'encourage pas les marchés parallèles
parce que si vous passez au marché parallèle à ce moment là vous perdez les
bénéfices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les avantages du système individuel privé&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup d'avantages à passer dans un système individuel privé, mais
le problème auquel il faut faire face est celui des engagements envers ceux qui
sont à la retraite ou vont la prendre dans les 10 à 15 ans à venir. Comment
avoir un système d'épargne individuelle privée, et en même temps faire face à
ces obligations. Voilà le problème de transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La façon de faire face à ce problème est de s'attaquer à plusieurs
composantes. Tout d'abord suivre l'exemple du Chili, en émettant des bons pour
expliquer ce que signifie la dette flottante, importante en Grande-Bretagne et
en France. Il faut dire qu'elle existe et qu'il faut la réduire. En France ce
sont des obligations, aux États-Unis ce sont des bons du Trésor. Il faut
s'engager de manière explicite, utiliser les instruments existants pour
financer cette transition, et la rendre plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie des cotisations versées pourrait être des cotisations réelles,
non un impôt, et se transformer en épargne. Nous pourrions ainsi réduire les
cotisations de la population active jeune, changer les impôts existants. Il ne
faut pas dire que c'est une cotisation retraite, et ce n'est pas une raison
pour que le financement vienne seulement des cotisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les économistes partent du principe qu'un impôt sur la consommation est un
meilleur impôt que l'impôt sur les salaires, et je soutiens ce point de vue.
J'ai déjà participé à diverses conférences pour savoir quels étaient les
meilleurs impôts. Il faut qu'ils ne soient pas seulement payés par les jeunes,
mais par toute la population. Ce serait une meilleure manière de financer la
transition et nous réduirions ainsi les sommes qui doivent être payées pour
financer le système.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut expliquer quelles sont nos obligations, il faut changer les
cotisations, les réduire, faire ressortir les gens des économies souterraines,
remettre tout le monde sur le marché du travail. Une combinaison de toutes ces
mesures qui sont les mesures réelles, peut être prise sans changement radical,
permettant une transition plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr que si on pouvait réduire les dépenses de l'État, se serait encore
mieux. Dans mes jours optimistes je pense que nous sommes en mesure de le
faire, mais partons du principe que ce n'est pas possible, même si nos
gouvernements nous le promettent. Il y a d'autres moyens pour faciliter la
transition. Ce problème est un défi, mais pas une impossibilité comme on le
prétend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition peut être financée si nous l'abordons de la bonne manière,
même sans réduire d'autres dépenses nationales. Elle le serait plus facilement
si nous substituions certaines dépenses. Il y aurait certains gains, si les
gens avaient des comptes retraite individuels. Ces personnes pourraient acheter
des titres, des bons et je pense que le gain serait extrêmement important pour
des pays industrialisés comme la France, comme cela a été un gain pour le
Chili, qui n'avait pas de marché boursier, mais qui s'est développé. Aux
Etats-Unis et en France, nous avons des marchés de capitaux très développés. La
plupart des gens épargnent sous d'autres formes, en titres, en actions, en
fonds de retraite complémentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faire pour apporter des ajustements marginaux ? Les personnes à
faible revenu en tireraient le plus grand bénéfice. Dans un système privé ces
personnes pourraient acheter des bons, des obligations du gouvernement, et
elles pourraient cotiser à deux systèmes: un système privé et un système par
répartition. Plus généralement je pense que le fait que toute la population
maîtrisera elle-même sa retraite dans une large mesure, et ne dépendra plus du
processus politique. Ceci pour moi est très important, et je pense que la
plupart des personnes préfèrent prendre elles-mêmes leurs décisions, contrôler
leurs actifs, savoir qu'elles ont 50, 100, 350 ou 500 000 F, quelle que soit la
somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas pour la France, mais questions nous obtenir du système
américain ? Peut-être rien. On ne nous le dit que très peu, puisqu'il
s'agit de fonctionnaires. Ce n'est pas un volontarisme, personne n'est obligé
de nous dire quelque chose. Ce serait bien si les personnes pouvaient contrôler
elles-mêmes leurs actifs, pouvaient voir leurs propres portefeuilles. Je pense
que les gens veulent savoir ce dont ils disposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais parler de deux autres questions avant de conclure. Souvent les
systèmes de retraite privés ont été critiqués. Il a été dit qu'ils étaient
chers à gérer. Certaines expériences ont été faites au Chili. Regardez aux
États-Unis ou en France, les caisses ne dépensent pratiquement rien, alors que
les fonds de retraite dépensent une partie de leurs actifs. Au Chili par
exemple, ce n'est pas négligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compétitivité et non pas monopole&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le système de retraite actuel ne donne rien, il est très facile de réduire
les dépenses si l'on ne donne rien en retour. C'est un système de monopole, les
individus n'ont pas de choix pour investir leur argent. Tous les monopoles ont
la tâche facile lorsqu'il n'y a pas de concurrence. Si c'était bon, nous
pourrions peut-être monopoliser toute l'industrie, ce qui a été fait en Europe.
Aujourd'hui on a plutôt tendance à privatiser, car les monopoles ont des
problèmes considérables. Ce n'est pas bon pour le fonctionnement d'une
industrie, qu'il s'agisse des télécommunications, des transports ou des
systèmes de retraite. Il faut obliger les sociétés à entrer dans un système de
compétitivité, et alors elles innovent, elles investissent, elles fournissent
des informations aux individus sur leurs actifs, etc. Cela coûte certes de
l'argent, mais ce sont des avantages, non l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous donner une conclusion encore plus paradoxale. Certains ont
étudié des industries avant et après la possibilité de faire de la publicité.
L'industrie des verres de lunettes n'avait pas la possibilité de faire de la
publicité. La législation ayant changé, elle a pu en faire. Les lunettes
auraient dû augmenter, car la publicité coûte cher. La conclusion de l'étude a
été une bombe : les États qui ont permis la publicité avaient des prix
moins élevés. On s'est alors demandé s'il n'y avait pas un problème
d'arithmétique. La publicité est chère, il faut l'ajouter au prix de production
et les prix doivent augmenter, ce que pensent la plupart des économistes, mais
c'est faux. La publicité a fait diminuer les coûts, en permettant aux
entreprises de commercialiser avec plus d'efficacité. En accroissant la
production, les prix baissent, même en tenant compte des frais de publicité. Je
pense que c'est la même chose pour les comptes de retraite privés, et c'est
mieux que le système actuel qui ne nous dit rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose est le rendement des actifs. Dans un système privé,
sera-t-il plus important que dans un système public monopolisé ? net de
toute dépense publicitaire ? Au Chili ou en Argentine, le rendement tenant
compte de la publicité est excellent. Le Chili a eu un boom, résultant en
partie de la privatisation mais également d'autres facteurs. t'Argentine n'a
pas eu ce boom, et la privatisation est en cours depuis 5 ans. Le rendement n'y
est pas aussi bon qu'au Chili, mais il est assez bon et il s'améliore. On
conseille, lorsqu'on évalue le système de voir quel est le rendement net que
ces fonds de pension obtiennent, hors frais de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis convaincu sur la base des preuves que nous avons accumulées jusqu'à
présent, que les avantages de l'entrée dans la concurrence permettent d'avoir
des taux très supérieurs à ceux obtenus par un système de monopole. Les
systèmes de retraite privés sont pour moi beaucoup plus avantageux que la
répartition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cotisations volontaires et non pas obligatoires&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect que j'aborderai brièvement, est de savoir si les cotisations
à ces comptes doivent être obligatoires ou volontaires. Au Chili, au début
elles étaient obligatoires, mais tout ceci a été construit de manière très
ingénieuse, et cette cotisation obligatoire est progressivement remplacée par
d'autres possibilités de cotiser à ces fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons faire deux choses. Nous voulons avoir un niveau de retraite
correct pour tous, même si les personnes ont été au chômage. Dans la plupart
des sociétés on veut être sûr que les personnes âgées obtiennent un niveau de
vie minimum. C'est l'une des choses que nous voulons garantir, par des
cotisations obligatoires qui diminueront de plus en plus. Pour le reste, je
pense que la plupart des personnes épargneront pour leur retraite, d'autant
plus qu'il s'agit de leur propre retraite, non pas des cotisations actuellement
payées dans le système de répartition, dépensées pour payer la retraite de
quelqu'un d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les épargnes doivent être déductibles des impôts et J'espère que nous
arriverons à un impôt sur la consommation, qu'il n'y aura pas de double
taxation comme cela existe aujourd'hui à l'entrée et à la sortie. Il faut un
portefeuille que vous aurez choisi vous-même, que vous pourrez évaluer tous les
mois. La compétition entre les différentes sociétés qui essaieront de vous
vendre des produits moins chers encouragera l'épargne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'anticipe sur le fait que la grande majorité de la population épargnera,
obtiendra nettement plus que ce que leur promet la répartition. Au moins elle
aura épargné par elle-même. Bien sûr il y en aura qui seront exclus de ce
système. Il y a toujours une minorité, il faut baser le système sur ce que la
majorité de la population veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai essayé de parler des divers avantages d'une épargne retraite
individuelle, et je suis un très grand partisan de ce système, Même si je parle
de divers avantages d'autres systèmes, même si je remets en question certains
des avantages de celui-ci ils existent et ils sont énormes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un d'eux est justement, plus en Europe que dans mon propre pays, de vous
détourner de plus en plus de votre système politico-économique, de vous en
éloigner le plus possible pour ramener tout le monde à la vie active, réduire
les cotisations et les taxes, éliminer de plus en plus l'économie souterraine,
pour que chacun se rende compte qu'il maîtrise lui-même son avenir, sa
vieillesse, comme d'autres aspects de sa vie. Vous ne serez plus les esclaves
du système, mais les maîtres de votre vie, et si vous avancez dans cette
direction les problèmes de transition seront de plus en plus faciles à
résoudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait du Bulletin de l'Association pour la Liberté Economique et le
Progrès Social (ALEPS) 35, avenue Mac-Mahon - 75017 Paris - Tel : 01 43 80
55 18 - Fax : 01 48 88 97 57&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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