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Choix capitalisation/répartition

Pour cesser d'hésiter

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mardi 25 mars 2008

La CFDT brise le tabou de la capitalisation

La CFDT vient de publier mardi 25 mars ses propositions pour les retraites. De façon très classique, elle propose d’assurer la pérennité des régimes de retraite par répartition, tout en améliorant les taux de remplacement, ce que d’aucuns pourraient juger contradictoire. Mais, surprise, le syndicat innove en proposant aussi de « généraliser l’épargne retraite collective ».

Selon lui « par construction, la répartition ne peut répondre, seule, au niveau des pensions quand il y a un déséquilibre entre cotisants et pensionnés ». Il propose donc d’« acter que la répartition n’est capable d’assurer qu’un certain niveau de remplacement » et de la compléter « par une épargne qui ne fonctionne ni sur les mêmes échéances, ni sur les mêmes mécanismes ».

La centrale appelle de ses vœux la « mise en place d’un système généralisé de complément de retraite, partie intégrante des retraites». Selon elle, l’épargne retraite doit devenir « un complément indispensable au régime par répartition pour assurer un taux de remplacement correct comme l’ont fait, avant nous, la plupart des autres pays européens ».

Cette prise de position syndicale, qui pourrait être jugée comme banale chez nos voisins, constitue un acte de bravoure en France, où règne encore le dogme du tout répartition. Espérons qu'elle ne restera pas isolée, et que l'essentiel des centrales syndicales salariales et patronales suivront ...

Pour en savoir plus, télécharger "CFDT Retraites, le rendez-vous de 2008"

mercredi 27 février 2008

La socialisation de l'intéressement, un mauvais calcul de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a indiqué hier qu'il avait chargé le gouvernement d'étudier la possibilité d'intégrer les primes d'intéressement dans l'assiette de calcul des retraites. Selon le chef de l’Etat, il faut que « les salariés qui touchent de l’intéressement ne puissent pas dire ‘et bien écoutez, on s’est moqué de moi, on me donne du pouvoir d’achat mais ça ne compte pas pour la retraite’ ». Des propos qui montrent que le président n’a pas compris ce dont il parle ou que ses objectifs sont autres.

Première erreur. Les salariés ont déjà le choix entre percevoir directement tout ou partie de leur intéressement ou les placer. Ils sont donc libres de le consommer immédiatement ou d'épargner, par exemple en vue de leur retraite. Loin d’améliorer la situation des salariés, l’assujettissement de l’intéressement aux cotisations sociales retraites ne fera que diminuer les sommes disponibles pour consommer ou capitaliser. Cette mesure n’est donc pas une bonne nouvelle, quel que soit le souhait des salariés.

Deuxième erreur. Le gouvernement table sur un gain de 800 millions d’euros par an. Dans les faits, les gains seront moindres puisque taxer l’intéressement réduira son intérêt. Les entreprises auront donc tendance à en distribuer moins, et tout le monde sera perdant.

Troisième erreur. La France souffre d’un sous développement des retraites par capitalisation. Au lieu de chercher à le compenser en incitant les individus à épargner plus, par exemple en plaçant leur intéressement, le président de la République propose d’assujettir ce complément de revenu aux charges sociales. Ce faisant, il va à l’encontre de la démarche entamée par François Fillon en 2003, qui souhaitait le développement d’une épargne retraite individuelle ou collective (PERP, PERCO).

Dans les faits, l’objectif de cette proposition n’est pas de préserver les retraites futures mais d’équilibrer, à court terme, les comptes de l’assurance vieillesse, en trouvant de nouvelles recettes. Nicolas Sarkozy a fait sien l’adage de Keynes, « dans le long terme nous sommes tous morts », pauvres français...

mercredi 6 juin 2007

Capitalisation, la France est à la traîne

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La France est le pays où le plus fort pourcentage du PIB est consacré aux dépenses totales de retraite, mais celui où le financement par capitalisation est le plus faible. Cette comparaison internationale faite par l'assureur Swiss Re illustre à quel point le financement des retraites pèse sur les comptes publics français, avec près de 12 % du PIB. A contrario on observe que les dépenses dépenses publiques et l'effort global consacré aux retraites sont moindres dans les pays ayant développé des produits d’épargne retraite par capitalisation. Ce résultat est assez logique. En effet, l'épargne retraite est nettement plus efficace que la répartition. Les sommes capitalisées produisent des intérêts permettant, à cotisation égale, d'obtenir une retraite 2 à 3 fois plus conséquente qu'avec un système par répartition. Ajoutons qu'en plus l’épargne retraite permet de financer le développement de l’économie, ce qui n’est pas le cas d’un financement par répartition tel qu’il existe en France. Un recours plus systématique à l’épargne et à la capitalisation permettrait donc d’alléger les contraintes pesant sur les finances publiques françaises, de préserver le pouvoir d’achat des retraités et des actifs et de contribuer davantage au développement économique.

(Source : Swiss Re, Sigma, n° 3/2007, "Les produits de rente : une solution privée au risque de longévité", disponible sur le site www.swissre.com/sigma)

mardi 5 juin 2007

C'est irresponsable de gérer la dépendance en répartition

La création d'une nouvelle branche de sécurité sociale, fonctionnant en répartition, n’est pas une bonne réponse aux défis de demain. Gérée avec des cotisations finançant les dépenses de l’année, elle ferait peser un risque sur les actifs, les retraités et tout particulièrement sur ceux atteints par la dépendance. En effet, compte tenu du vieillissement de la population consécutif au baby boom et à l’allongement de l’espérance de vie, le nombre de personnes dépendantes va augmenter très sensiblement dans les prochaines années. Il progressera plus vite que la masse salariale et les autres sources financement par répartition envisageables. Il serait donc plus sage d’inciter les individus à capitaliser et à s’assurer pour se protéger de la dépendance, plutôt que de leur faire des promesses qu’aucun régime par répartition ne sera capable d’honorer. L’exemple de la retraite, pour lesquelles on observe un durcissement des critères d’éligibilité et une diminution des pensions, devrait faire réfléchir politiques et partenaires sociaux avant de faire des promesses intenables.

lundi 8 janvier 2007

Ceux qui en veulent plus privilégient la capitalisation à la répartition

En matière de retraite, les français sont loin d’être irrationnels. Lorsqu’on leur donne le choix entre plus de répartition ou la capitalisation, ils optent massivement pour cette dernière. C’est ce qui ressort de l’utilisation, très contrastée, des dispositifs introduits par la loi Fillon pour permettre aux actifs de mieux préparer leur retraite.

Parmi ces dispositifs, celui reposant sur la répartition n’a attiré qu’une infime proportion de français. Seules 8 741 personnes ont fait le choix de « racheter un trimestre », c’est à dire de cotiser plus en l’échange de la prise en compte par l’assurance vieillesse d’années d’études ou d'activité. Au total les sommes ainsi collectées ont été de 208 millions d’euros (chiffres CNAV au 31/12/06). S’agissant d’un dispositif en vigueur depuis le 1er janvier 2004, et ouvert aux moins de 55 ans depuis 2006, ces chiffres sont dérisoires.

Par comparaison les plans d’épargne par capitalisation introduits par la loi Fillon ont attiré 215 fois plus de monde et 8 fois plus de capitaux.
Le plus connu de ces dispositifs, le Plan d’Epargne Retraite Populaire (PERP) a été souscrit par 1 740 000 personnes, qui y ont placé 1,6 milliards d’euros (chiffres FFSA au 31/03/06).
Son alter ego collectif, le Plan d’Epargne Retraite Collectif (PERCO) a été mis en place dans 27 000 entreprises, totalisant plus d’un million de salariés. 170 000 salariés y ont fait des versements représentant 540 millions d’euros (chiffres AFG au 30/06/06).

lundi 18 septembre 2000

Selon l'INSERM, les inégalités sociales devant la mort ne se résorbent pas.

Prenant le contre-pied du satisfecit décerné à la France par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'INSERM vient de montrer que l'espérance de vie des français varie fortement selon leur catégorie socioprofessionnelle. Loin de se résorber, les inégalités sociales devant la mort s'élargissent. Notre Sécurité Sociale serait-elle en cause ? En tout cas, les retraites par répartition spolient les ouvriers – une conclusion qui a échappée à l’INSERM.

Le tout récent recueil d'études sur les inégalités sociales devant la maladie et la mort publié sous l'égide de l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) est sans appel. En dépit de l'élargissement de l'accès aux soins, la France "fait partie des états européens où les disparités devant la mort sont les plus fortes". L'espérance de vie des hommes continue à varier fortement selon leur catégorie socioprofessionnelle. A 35 ans, un ouvrier à une espérance de vie inférieure de 6 ans et demi à celle d'un cadre du même âge (tableau 1) et l'écart monte même à neuf années lorsqu'on compare un ouvrier non qualifié à un cadre de la fonction publique. Ce fossé, mis en exergue dès le XIXème siècle grâce aux travaux de Louis-René Villermé, a eu tendance à s'accentuer. Si l'espérance de vie augmente pour toutes les catégories sociales, l'amélioration de l'état sanitaire favorise avant tout les français aisés. Pour les femmes, des inégalités d'espérance de vie existent également, mais les disparités sociales sont plus réduites puisqu'on n'observe à 35 ans qu'un différentiel de 3,5 ans d'espérance de vie entre ouvrières et cadres.

L'institut national précise que la mortalité des manuels entre 45 à 59 ans est supérieure de 71% à celle des hommes du même age ayant une activité intellectuelle. Ce niveau de surmortalité masculine est sans commune mesure avec les 33% à 53% de surmortalité constatés dans les autres pays européens. De même, l'on observe également que les disparités sociales sont plus fortes en France que dans les autres pays lorsqu'on prend en compte le niveau d'études. Les hommes de 35 à 50 ans sans diplôme ont en effet une mortalité quasiment trois fois supérieure à celle de ceux ayant fait des études supérieures (tableau 2). Au total, l'INSERM estime que 10.000 décès par an seraient évités si la mortalité des ouvriers et employés s'alignait sur celle des cadres et professions libérales. Mais les chercheurs de l'institut national prennent soin d'ajouter que la surmortalité des manuels ne relève pas nécessairement de facteurs économiques et de disparités d'accès aux soins. Une partie non négligeable de la mortalité prématurée des hommes résulte en effet de cancers et maladies de l'appareil digestif laissant à penser que des facteurs comportementaux, tels la consommation d'alcool, sont en cause.

Autre enseignement marquant de cette étude, les hommes - et dans un moindre mesure les femmes - sont inégaux devant l'assurance vieillesse. La probabilité d'arriver à 65 ans est d'autant plus faible que les personnes sont peu diplômées et ont commencé à travailler tôt. Les ouvriers de 35 ans courent deux fois plus de risques de ne pas dépasser les 65 ans que les cadres et professions libérales (tableau 3). En outre, la retraite des manuels est plus brève que celles des professions intellectuelles. L'INSERM précise notamment que 45% des ouvriers spécialisés ayant pris leur retraite en 1972 étaient décédés 10 ans plus tard, contre 18% des techniciens et cadres. Pourtant ces O.S. avaient, en moyenne, cessé leur activité 3 ans avant les professions intellectuelles. Il est ainsi fort probable que les retraites par répartition contribuent à accroître les inégalités sociales.

Mais, malheureusement, les chercheurs de l'institut national sont extrêmement peu prolixes sur ce sujet qui reste éminemment tabou. S'il est politiquement correct d'agiter le spectre des inégalités sociales pour légitimer la mise en place d'une assurance maladie universelle, il serait parfaitement malsain de faire état des mêmes inégalités pour mettre en doute le caractère "social" ou "redistributif" de la répartition.

lundi 27 mars 2000

Le Monde est-il encore un journal d’information ?

Le Monde vient de publier un article sur les retraites qui est un modèle de désinformation (Du modèle « bismarckien » au modèle « béveridgien », édition du 23 mars, page 11). Passons sur le titrage, qui n’a aucun rapport avec le papier, et attachons nous à relever les sept « perles » les plus croustillantes.

Première contrevérité : « Dans presque tous les pays, on augmente l’âge de la retraite, on relève les cotisations et on diminue les prestations ». Cette affirmation, mise en exergue par un sous titrage, est fausse. Il existe des pays où la transition à la capitalisation a permis de diminuer cotisations, tout en augmentant les prestations. Dans la mesure où les cotisations retraite sont désormais placées, celles-ci permettent de constituer des pensions sensiblement plus importantes. Conséquence immédiate : les actifs qui le désirent peuvent partir à la retraite plus tôt, comme on l’observe dans plusieurs pays d’Amérique Latine ayant opté pour la capitalisation.

Deuxième contrevérité : « La capitalisation est-elle plus adaptée que la répartition … la retraite par capitalisation a montré ses limites avec la ruine de nombreux cotisants pendant la seconde guerre mondiale ». Si de nombreux épargnants ont vu leur pouvoir d’achat amputé par l’inflation, la responsabilité de cette dernière incombe aux pouvoirs publics et non aux marchés financiers. Ce sont les autorités monétaires qui ont rogné la valeur de la monnaie, ce qui a diminué d’autant l’épargne retraite, massivement investie en titres publics. Des spoliations du même ordre peuvent se produire dans un système par répartition, comme l’illustre la situation des actuels retraités de l’ex URSS. Ils perçoivent des pensions par répartition dont le montant n’est pas été réévalué en fonction de l’inflation. Certains d’entre eux sont réduits à la mendicité mais, là encore, il ne s’agit d’une faillite des autorités et non du marché.

Troisième contrevérité : « La ruine de nombreux cotisants pendant la seconde guerre mondiale … est l’une des raisons qui ont fait que la France du général de Gaulle a choisi la répartition ». C’est René Belin qui a enclenché la transition à la répartition le 14 mars 1941. Cet ancien secrétaire de la CGT était, à l’époque, secrétaire d’Etat au travail du gouvernement de Vichy. Ayant besoin de liquidités, Belin se proposait de réaliser le rêve de nombre de gouvernements de la IIIème République. Il s’agissait de mettre la main sur l’épargne retraite des français, qui serait devenue inutile dans un contexte de répartition. Ce tour de passe-passe permettait de financer la mise immédiate en place de l’allocation aux vieux travailleurs salariés (AVTS). Dans ses mémoires, Belin confie que « persévérer dans la capitalisation, c’était escroquer les assurés sociaux, car il eût été illusoire d’escompter que l’Etat, lui-même ruiné par la défaite, pût jamais reconstituer à suffisance – et à perpétuité – les capitaux dévastés par une érosion monétaire dont la fin n’était pas prévisible ». En la matière, le général de Gaulle n’a fait qu’entériner les choix de Vichy. On notera d’ailleurs que ce sont deux anciens conseillers de René Belin, Françis et Netter et Pierre Laroque, qui mettront en place la Sécurité sociale à la Libération.

Quatrième contrevérité : au « Chili, on observe que les fonds de pension ne s’intéressent qu’aux clients les plus ‘profitables’ ». Affirmation fausse et gratuite. Depuis les réforme des années 1980, 99% des travailleurs chilien ont ouvert un plan d’épargne retraite. Lucas Delattre, auteur de l’« article » du Monde, devait être pressé par les impératifs de bouclage du quotidien.

Cinquième contrevérité : « En Angleterre, il y a des fonds qui disparaissent et des gens qui restent sur le tapis, mais on en parle pas ». Si, justement on en parle. Toute la gauche bien pensante met systématiquement en avant la faillite de Maxwell pour fustiger les dangers de la capitalisation. Cet employeur avait utilisé l’épargne retraite de ses salariés pour financer les dépenses courantes courante de son entreprise. Ce montage - qui est exactement celui des régimes par répartition - permit au financier d’éponger une partie de ses pertes. Mais la chute de Maxwell entraîna l’interruption du versement des pensions complémentaires de ses anciens employés. Or, cet épisode malheureux n’est pas représentatif des potentialités de la capitalisation. Au lieu de s’adresser à son employeur, le futur retraité à tout à gagner à faire appel aux institutions spécialisés qui géreront son épargne au mieux de ses intérêts.

Enfin, la conclusion du journaliste du Monde est savoureuse puisqu’elle mélange contresens logique et contrevérité factuelle : « Les provisions légales obligatoires atténuent les risques. Il n’empêche : au Chili ou en Pologne les rendements des fonds de pension sont inférieurs à ce qui était espéré ». On objectera tout d’abord que, par définition, les retraites par capitalisation sont provisionnées, contrairement aux retraites par répartition. Elles sont donc nettement moins risquées que ces dernières. On objectera ensuite que les taux de rendements obtenus dans les pays ayant opté pour la capitalisation sont sensiblement au dessus des prévisions initiales. Par exemple, l’épargne des travailleurs chiliens a été rémunérée à 11,2% (par an) sur les 19 dernières années, alors que les autorités tablaient initialement sur un taux de retour de 4% l’an.

Et dire que les journalistes du Monde prétendent faire œuvre d’information...

samedi 1 janvier 2000

Les interactions entre démographie, répartition et capitalisation

Le débat français sur l’avenir des retraites fournit une excellente illustration des pesanteurs et des blocages de notre société. D'année en année, la publication de rapports publics, l’organisation de concertations ou les projets de réforme suscitent les mêmes réactions stéréotypées Les représentants des syndicats de "salariés", ainsi qu’une grande partie du personnel politique, hostiles à toute mesure qui, de près ou de loin, permettrait aux français de capitaliser plus facilement, affirment haut et fort leur attachement à la répartition. Dans le même temps, ils ne soutiennent pas les mesures censées pérenniser le fonctionnement de l'assurance vieillesse, tel l'allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein. Plus surprenant, les syndicats – qui gèrent l'assurance vieillesse des travailleurs salariés – pratiquent un double jeu. Ils recrutent une grande partie de leurs adhérents dans la fonction publique et notamment chez les fonctionnaires. A l'évidence, ces derniers ne sont pas concernés par la répartition puisque leurs pensions sont à la charge du budget depuis 1853. Dans la mesure où les retenues sur les traitements des fonctionnaires en activité sont notoirement insuffisantes, l'essentiel des pensions versées aux retraités est effectivement financé par l'impôt. Soucieux de pérenniser cette pratique, et les avantages qui y sont associés, les syndicats ont bruyamment refusé la création d'une caisse de retraite des agents de la fonction publique de l'Etat en 1995. Ainsi, ceux qui gèrent la répartition du privé refusent de l'appliquer au public. Plus surprenant encore, les syndicats – qui ont mis en place des fonds de pension catégoriels dans le public – refusent leur libéralisation dans le privé au motif que cela risquerait de fragiliser la répartition. Soucieux de ne pas froisser son électorat traditionnel, le gouvernement Jospin a pris le parti de jouer la carte de l'attentisme tout en multipliant concertations et rapports publics. C'est ainsi que plus d’une demi-douzaine de rapports sur les retraites ont été publiés depuis 1997 . Or, l'impact de ces travaux, censés établir un diagnostic et présenter des pistes de réforme, est plus que mitigé. Le gouvernement, qui n'opte pas pour une ligne de conduite claire, s'est contenté de mettre en place un fonds de réserve, solution hybride cumulant les inconvénients de la capitalisation collective et de la répartition . Pourtant, les projections démographiques sont sans appel. Les régimes de retraite par répartition vont être doublement pénalisés par le vieillissement de la société française. D'une part, les charges de l'assurance vieillesse vont sensiblement augmenter à partir de 2006, lorsque les générations issues du Baby-Boom feront valoir leur droit à la retraite. D'autre part, les recettes de la répartition vont diminuer puisque le nombre de personnes en âge de cotiser va stagner, voire baisser, durant les quarante prochaines années (Graphique 1). Les ratios de dépendance vont se détériorer sensiblement : alors qu'en moyenne dix personnes d'âge actif subvenaient aux besoins de quatre retraités en 1995, dix actifs devraient théoriquement assumer la charge de sept retraités en 2040 (Tableau 1). Les régimes de retraite par répartition, qui ne font que redistribuer les cotisations prélevées sur les actifs, vont donc devoir restreindre le montant des pensions et augmenter les taux de cotisation. Depuis 1993, le mode de calcul des retraites du privé a été progressivement modifié à cette fin. Il en résultera une baisse sensible des retraites du régime général et, surtout, des prestations des régimes complémentaires (Tableau 2). Mais ces mesures restent insuffisantes puisque le rapport Charpin chiffre les besoins de financement annuels entre 700 et 800 milliards de francs en 2040. Il faudra donc accroître conjointement le taux des cotisations vieillesse. Les projections du Ministère des Affaires sociales tablent sur une augmentation des cotisations apparentes de 6 à 13 points, selon que les pensions seront réévaluées en fonction des prix ou des salaires (Tableau 3). Précisons que ces chiffrages n'intègrent pas les effets négatifs de l'augmentation des charges sociales sur l'activité. Or, un accroissement aussi important des taux de cotisation ne manquerait pas de pénaliser l'emploi, et donc de dégrader plus encore la situation des comptes sociaux. En dépit du caractère fort inquiétant de ces projections, nombre d'experts institutionnels continuent de s'interroger ouvertement sur l'utilité des réformes. Certains prétendent que la répartition ne serait pas fragilisée par le vieillissement de la société française puisqu'il serait possible de compenser la montée des dépenses d'assurance vieillesse. D'autres soulignent que tout recours à la capitalisation serait illusoire dans la mesure où cette dernière serait, elle aussi, tributaire de la démographie.

Economiser sur la jeunesse pour financer les retraites ?

A l'image de Pierre Concialdi, certains économistes considèrent que l'avenir des retraites par répartition n'est pas hypothéqué par l'évolution de la démographie. Ils prétendent que le vieillissement permettra de réaliser des économies compensant plus ou moins le surcoût lié à l'augmentation du nombre de retraités . A les entendre, la baisse de la natalité permettrait de réaliser des économies sur la jeunesse. Il serait possible de réaffecter une partie des ressources de la branche famille ou des budgets de l'Education nationale au profit des dépenses d'assurance vieillesse. En outre, la baisse de la natalité et la diminution de la population d'âge actif qui en découle induirait une baisse du chômage. Une partie des fonds consacrés à la politique de l'emploi pourrait donc être affectée au profit de l'assurance vieillesse. In fine, il serait possible de faire face au vieillissement des régimes de retraite sans modifier radicalement le taux des prélèvements obligatoires. Mais une analyse plus fine montre qu'il est illusoire de prétendre faire face aux conséquences financières du vieillissement en se livrant à un tel jeu de vases communicants. L'économie de la famille nous enseigne que, exception faite des effets de seuil, les dépenses moyennes par enfant sont inversement proportionnelles au nombre de descendants. Les économies réalisables dans le contexte actuel sont donc moins importantes que la baisse de la natalité. En outre, une politique de réduction des aides à la famille risquerait d'être contre-productive puisque, comme le montre Jacques Bichot, la survie des régimes de retraite par répartition est liée au renouvellement de leur base contributive . Si la réaffectation des moyens de la branche famille au profit de l'assurance vieillesse peut être une source d'économie à court terme, elle risque de déprimer la natalité et ainsi de fragiliser plus encore la répartition à moyen terme. Les économies sur les dépenses d'éducation sont tout aussi incertaines. L'expérience des dernières années nous montre qu'en dépit des baisses d'effectifs scolarisés, les budgets ont jusqu'à présent continué de croître. Dans la mesure où l'essentiel des dépenses d'éducation ont trait aux personnels et que ces derniers disposent d'un statut extrêmement protecteur, il paraîtrait illusoire de penser dégager rapidement des économies permettant de combler les déficits de l'assurance vieillesse dès 2006. Enfin, les économies consécutives à la baisse du chômage sont encore hypothétiques. D'une part, les bénéfices de la baisse conjoncturelle sont plus que compensés par la mise en oeuvre des 35 heures . D'autre part, il n'est pas certain que la tendance actuelle se poursuive. La création d'emploi va généralement de pair avec le dynamisme de la population active et, a contrario, le vieillissement pourrait s'accompagner de déséquilibres persistants sur le marché du travail. Aussi, les économies potentielles semblent fort aléatoires au regard de besoins financiers consécutifs à l'accroissement du nombre de retraités. L'autre ligne de défense des tenants du statu quo consiste à insister sur les prétendues similitudes entre répartition et capitalisation. Les deux modes de prévoyance retraite seraient pareillement affectées par le vieillissement, tant du point de vue des dépenses que de leur financement.

Les théories de l'équivalence entre la répartition et la capitalisation et leurs limites

D'un côté certains économistes - tels Dupont et Sterdyniak - soulignent que l'allongement de la durée des retraites suscite une hausse des dépenses, indépendamment du fait que l'on soit en répartition ou en capitalisation. De même que l'assurance vieillesse va devoir augmenter ses recettes pour subvenir aux besoins de plus de retraités à partir de 2006, les actifs qui désireraient capitaliser devraient amasser plus d'épargne puisque leur espérance de vie à la retraite augmente. D'un autre côté, les défenseurs du statu quo prétendent que le choix du système de retraite serait neutre du point de vue du financement des retraites. Pour Euzéby "quel que soit le système considéré – répartition ou capitalisation – les sommes qui sont affectées à son financement constituent, de toute façon des transferts des revenus des actifs vers les retraités" . Aussi, comme le résument Dupont et Sterdyniak "tout système de retraite procède donc de la répartition" . Il ne faut pas se laisser séduire par ces propos. S'il est vrai qu'en capitalisation le coût des rentes viagères augmenterait en fonction de l'espérance de vie à la retraite, force est néanmoins de constater que la capitalisation est sensiblement mieux immunisée que la répartition contre les conséquences du vieillissement. Le lien entre démographie et répartition est connu des économistes depuis les travaux de Paul Samuelson . Dans les années cinquante, ce futur prix Nobel notait que l'assurance vieillesse, financée par les cotisations prélevées sur les actifs, pouvait distribuer des pensions plus ou moins élevées en fonction du taux de croissance de la population active. Par analogie avec la capitalisation, l'économiste américain avait développé le concept de "rendement implicite" de la répartition. Il considérait que la répartition rapportait un "taux d'intérêt biologique" : plus la population active augmentait vite, plus la répartition était attrayante. Selon Samuelson, le choix de la capitalisation ou de la répartition pouvait être neutre si le taux de croissance de la population était égal au taux d'intérêt. Or, à l'évidence, nous sommes loin d'être dans cette situation. D'ici peu, les taux de croissance de la population active – et de la masse salariale – vont décliner. Ils pourraient devenir nuls voire négatifs, ce qui réduirait plus encore l'intérêt de la répartition . Certains experts institutionnels cherchent à masquer cette dure réalité. Observant que la masse salariale a rétrospectivement évolué comme le PIB, ils ont pris l'habitude de considérer que le "rendement implicite" de la répartition est égal au taux de croissance du PIB. Cette approximation, qui est d'autant moins justifiée que les ratios démographiques évoluent aujourd'hui négativement, sert aujourd'hui de fer de lance aux défenseurs du statu quo. Exhumant des modèles de théorie économique prédisant une convergence du taux de croissance de l'économie et du taux de rendement du capital, ils prétendent que la capitalisation sera moins attrayante dans le futur. A les entendre, son rendement devrait mécaniquement chuter pour s'aligner sur celui de la répartition. Il serait dès lors inutile de remettre en cause le tout répartition. Mais la majorité des économistes refuse de cautionner ce scénario, y compris les membres du Conseil d'analyse économique mis en place par l'actuel Premier ministre. Ces derniers considèrent que, même dans l'hypothèse où le vieillissement affecterait pareillement répartition et capitalisation, cette dernière continuerait d'être largement profitable. Selon Davanne et Pujol, un actif qui capitaliserait entre 30% et la moitié des sommes aujourd'hui prélevées au titre de la répartition disposerait à terme d'un pouvoir d'achat identique au pensionné de l'assurance vieillesse. Le taux de prélèvement implicite, c'est-à-dire le manque à gagner du cotisant en répartition, oscillerait entre 50 et 70% des prélèvements sociaux . Aussi, le recours à la capitalisation serait-il d'autant plus justifié qu'il permettrait plus facilement de faire face à l'augmentation des besoins financiers consécutive à l'augmentation de l'espérance de vie à la retraite. Non contents d'occulter le lien fondamental entre démographie et répartition, les défenseurs du statu quo s'offrent le luxe de souligner que la capitalisation n'est pas à l'abri du vieillissement. D'une part, ils prétendent que le vieillissement s'accompagnera d'un ralentissement de l'activité économique remettant en cause l'attrait de la capitalisation. D'autre part, ils agitent le spectre d'un "Papy Krach".

Les théories du vieillissement de la capitalisation et leurs limites

Si la démographie interagit avec l'économie, il convient de relativiser les propos de ceux qui prétendent que la capitalisation deviendrait inintéressante. Le vieillissement aura naturellement des conséquences économiques, même s'il est difficile de les quantifier. Il est possible que le rendement du capital diminue et que l'épargne retraite investie dans les économies vieillissantes telles que la France soit moins bien rémunérée. Mais il convient d'objecter qu'un vieillissement s'accompagnant d'une stagnation économique affecterait encore plus les régimes par répartition. En effet, ceux-ci sont tributaires d'une seule économie et d'une seule démographie. A contrario, la capitalisation offre deux avantages : elle permet d'amortir le financement des retraites, d'une part, dans le temps et, d'autre part, dans l'espace. Il est acquis que le contre-choc du "Papy Boom" s'accompagnera d'un accroissement des dépenses sociales. La recherche de la sécurité et de l'équité intergénérationnelle implique que cette réalité soit prise en compte dès à présent, en préfinançant ces dépenses. Il est en effet plus réaliste et juste d'inciter les actifs, encore nombreux, à épargner plutôt que de tabler sur un hypothétique accroissement des taux de cotisations sociales pesant sur des jeunes générations moins étoffées. Pour s'en convaincre, prenons un cas théorique extrême et supposons que les générations d'actifs ne soient plus remplacées en France suite à un arrêt complet des naissances. A terme, faute de cotisants, l'assurance vieillesse n'aurait plus de recettes et ne pourrait pas distribuer de prestations retraite à la dernière génération d'actifs, indépendamment du fait que cette génération "sacrifiée" ait préalablement cotisé en répartition. A contrario, les personnes ayant pu capitaliser auraient la certitude de disposer d'une retraite. Bien sur, le rendement d'une capitalisation franco-française serait affecté par le vieillissement qui, dans notre exemple extrême, se traduirait par la disparition de toute l'économie française lorsque les derniers actifs prendraient leur retraite. Mais cela ne poserait pas de problème insurmontable puisque la capitalisation est diversifiable géographiquement. Contrairement à la répartition – tributaire d'une seule économie et d'une seule démographie – la capitalisation repose sur des marchés financiers internationalisés. Là où la répartition cumule tous les inconvénients en phase de vieillissement, la capitalisation permet de faire fructifier l'épargne des futurs retraités dans des pays présentant de meilleures perspectives économiques et démographiques. Ainsi, elle apparaît d'autant plus intéressante dans le contexte actuel. Le spectre d'un krach boursier, agité par les défenseurs du statu-quo, est tout aussi contestable. Si les marchés financiers connaissent des a-coups conjoncturels, ils sont relativement réguliers sur la longue période. Aussi, les performances de la capitalisation sont-elles relativement stables, dès lors que l’on prend en compte l’horizon temporel du futur retraité . En dépit des discours alarmistes sur le caractère inéluctable d'un "Papy Krach", il n'y a pas de raison que cette réalité change. Si l'on en croit Euzéby, un recours à la capitalisation serait contre-productif puisque le vieillissement s'accompagnerait de ventes massives d'actifs financiers. Les retraités occidentaux réduiraient leur épargne dans un contexte où les jeunes générations – plus clairsemées – ne pourraient pas compenser intégralement le mouvement en achetant les titres mis en vente. Il s'en suivrait une baisse des cours et des taux d'intérêts, ce qui rendrait la capitalisation moins attrayante . La même idée est défendue par Dupont et Sterdyniak. Les deux économistes de l'OFCE considèrent que lorsque "les régimes de retraite par capitalisation commenceront à réduire leur accumulation d'actifs, puis à les réaliser pour servir les droits acquis, le risque est grand que cela entraîne une chute de la Bourse" . Ce raisonnement – bien relayé par le lobby de la répartition – ne tient pas compte, là encore, des possibilités d'une économie ouverte. Au delà du fait que l'on n'observe pas de corrélation simple entre taux d'épargne des ménages et le poids des retraités , il apparaît que les différents pays ne vieillissent pas au même rythme. S'il est possible qu'un mouvement de désépargne affecte certains pays vieillissants d'ici quelques décennies, il est tout à fait possible qu'il soit compensé par une croissance de l'épargne dans des pays plus jeunes ou ayant recours à la capitalisation. De nombreux Etats ont déjà mis en œuvre des dispositifs par capitalisation ou envisagent de le faire dans un futur proche. Faute de pouvoir en donner une liste exhaustive, il est par exemple possible de faire état des réalisations des pays d'Amérique Latine ou des projets chinois. Aussi, l'argumentaire des tenants de la répartition n'est pas satisfaisant d'un point de vue démographique et économique. Pour autant, il est parfaitement bien relayé en France où il contribue à justifier le statu quo et l'immobilisme des autorités. Il représente une véritable aubaine pour des pouvoirs publics inscrivant leur action dans le court terme. A l'image du gouvernement Jospin – qui s'est refusé à aligner les retraites du public sur celles du privé et vient de revaloriser ces dernières –, les gouvernants ont intérêt à s'attirer les bonnes grâces des actifs et des retraités qui conditionnent leur réélection. Ils seront enclins à reporter le poids du vieillissement sur les générations à naître qui, en tout état de cause, ne risquent pas de les sanctionner électoralement. Mais, à long terme, cette pratique risque d'être tout aussi destructrice que les agissements des gouvernants de l'entre-deux-guerres. Incapables d'assumer leurs engagements financiers, ils eurent recours à l'inflation, ruinant ainsi des générations de retraités jusqu'à ce que le gouvernement de Vichy mette en place la répartition, dès 1941 . Espérons que la classe politique sera de nos jours plus clairvoyante.

Références bibliographiques

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Nicolas Marques, diplômé de l'E.S.C. Lyon et docteur en Sciences économiques, enseigne l’économie à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence. Auteur de travaux soulignant l’intérêt d’une libéralisation de la protection sociale, il anime le site internet www.quelleretraite.com.

La réforme des retraites, par Gary Becker, prix Nobel d'économie 1992

Un Problème international

Les problèmes de la retraite par répartition, en France comme aux Etats-Unis, sont communs à tous les pays. Nous allons débattre des alternatives à ce système, des avantages, ainsi que des difficultés que nous devons prendre en compte pour assurer la transition entre un système par répartition et un système de responsabilité individuelle.

C'est la transition qui est préoccupante. Ce serait plus facile si nous avions tous commencé dans des systèmes d'épargne privés. Malheureusement le monde occidental a commencé par la répartition avec Bismarck. Ce système existe depuis 100 ans dans quelques pays d'Europe, depuis 60 ans aux Etats-unis. Le problème est difficile à résoudre. Il y a un aspect politique, et un aspect économique pour effectuer cette transition.

Certains pays d'Asie ont beaucoup de chance, ils n'ont pas de système de retraite à part le plus ancien : la famille. Le système le plus ancien, le plus efficace historiquement est lorsque les enfants s'occupent des parents devenus plus âgés. C'est le cas en Asie et dans de nombreux pays, mais maintenant l'Asie voudrait introduire un système de retraite officiel. Je viens de recevoir une invitation pour une conférence qui doit se tenir en Chine en juin, pour -étudier le système à adopter.

L'Amérique du Sud, les pays tels que le Chili, copiés par l'Argentine et d'autres, ont commencé par la répartition et ils ont fait leur transition, vers un système d'épargne individuelle. C'est l'un des rares domaines de réforme économique où l'Amérique latine a été à l'avant-garde.

Nous sommes en train d'en discuter aux États-Unis, en Europe et ailleurs. Le problème de base est celui des retraités, aggravé par le fait que les taux de natalité vont décroître beaucoup plus en Europe qu'aux États-Unis, beaucoup plus en France qu'aux États-Unis, plus encore en Espagne et au Portugal. Ils sont bas aussi dans les pays asiatiques.

Aux États-Unis, nous avons un taux de natalité qui est assez haut par rapport aux Européens, et les gens vivent plus longtemps. Nous allons être plus longtemps en bonne santé et être également des membres productifs de la société. Le problème à court terme est que le système par répartition doit prélever encore plus de cotisations pour payer les retraités, pendant plus longtemps. Un changement doit donc se faire.

On constate la rapidité de ce changement aux États-Unis. Vous devez savoir que j'étais conseiller du sénateur Dole lors de la dernière campagne de 1996, il nous a dit que la réforme des retraites n'était plus un tabou et j'espère que les politiciens ont appris la leçon. La bataille sera très dure mais elle surviendra car les faiblesses du système actuel sont énormes et ne font que croître.

En général une réforme se produit lorsque les difficultés de la politique gouvernementale sont telles que les lobby, les politiciens qui supportent le système, ne peuvent avoir suffisamment de soutien pour continuer cette politique. C'est la raison pour laquelle nous pouvons espérer que nous allons voir ces réformes se produire.

Un système par répartition est politiquement mauvais

Quel est le problème intrinsèque de la répartition ?

Je ne pense pas que le système lui-même soit en défaut comme on le dit très souvent, mais le problème de base est que c'est un système politiquement mauvais. La répartition ne donne pas de bases fondamentales pour la détermination du montant des retraites, ni pour déterminer à quel âge on peut la prendre.

Ainsi dans tous les systèmes par répartition que je connais, quelle que soit la région du monde, que ce soit l'Amérique latine, l'Amérique du Nord, l'Europe ou les pays asiatiques, alors que la natalité baisse, que la fraction de la population âgée augmente, que d'autres changements se produisent, la répartition continue et la générosité de ce système continue de croître ! L'âge auquel on peut en tirer bénéfice a été réduit, l'importance de ces bénéfices augmente, les cotisations augmentent.

Toutes ces décisions ne sont pas liées au système par répartition. C'est la politique qui détermine ce qui se passe dans la répartition et c'est là un vice fondamental du système. C'est la raison essentielle pour laquelle à travers le monde il y a actuellement de tels problèmes économiques.

Si vous regardez l'activité de tous, les personnes âgées sont beaucoup plus actives politiquement parlant que les autres. Tout d'abord parce qu'elles ont plus de temps, et sont souvent très efficaces. Je connais les autorités aux Etats-Unis, j'ai écrit quelques articles sur les systèmes privés, et les retraités, pour la plupart, commencent à parler de diminuer les bénéfices.

Il sera extrêmement difficile en Europe de convaincre les politiciens de la nécessité d'une réforme radicale du système. L'avantage principal d'un système individuel est, qu'avec ce système, les individus, les familles, épargnent, et lorsqu'ils atteignent un certain âge, ils peuvent retrouver une somme qu'ils peu vent dépenser comme ils veulent, ou qu'ils peuvent convertir en rente. Voilà ce que veut dire un système de comptes individuels.

L'avantage politique d'un tel système est de fournir une base claire pour les retraites, cette base dépendant du montant et de la durée des cotisations. La composition du portefeuille est moins importante, chacun peut choisir, c'est l'avantage d'un système privé. Avec les versements et les intérêts cumulés, à la fin de leur vie active, à 60, 65 ans, ou quel que soit l'âge, les individus disposent d'un certain capital. Ceux qui auront travaillé 40, 50 ans et qui auront payé des cotisations importantes, seront plus riches ayant accumulé un capital déterminant la retraite.

C'est très important puisque nous avons là un système bien défini, une compréhension explicite de la valeur des retraites. A l'inverse avec la répartition il n'y a pas de base claire et nette pour déterminer le montant des retraites et les politiciens peuvent toujours intervenir. Il n'y a pas de protection contre la corruption politique. Dans un système privé il y a une certaine immunité contre une manipulation politique. L'interventionnisme se heurtera à une notion très clairement définie des retraites. Le désavantage fondamental d'un système par répartition est qu'il crée une variété d'autres difficultés.

Un système par répartition est économiquement mauvais.

Quittons maintenant la politique pour voir les aspects économiques.

Quels sont les coûts d'un système par répartition ? J'ai mentionné tout à l'heure que la répartition était en difficulté financière en raison de l'espérance de vie accrue et d'un taux de natalité diminué. Ce sont les facteurs déterminants qui amèneront à des problèmes économiques. Les retraites seront plus importantes lorsque le système sera privé, les bénéfices et les indemnités seront la propriété des individus. Aujourd'hui on parle des retraites comme de bénéfices sociaux, on vous donne des annuités à 65 ans, on vous dit que ces annuités ne vous seront versées que lorsque vous arrêterez de travailler. C'est un concept de retraite totalement différent.

Un système privé fonctionnant parfaitement donne des bénéfices après un certain temps, indépendant de l'âge de la retraite. Les raisons qui font qu'elles dépendent, dans la plupart des pays du monde, de la politique, surtout aux États-Unis et en Amérique latine avant la réforme, conduisent à une retraite à 60 ans et de plus en plus à 55 ans. Ce retrait de la main-d'oeuvre arrive parallèlement à une santé mentale et physique accrues, à une amélioration sans précédent de la longévité. Les améliorations des 40 dernières années sont énormes, si énormes que les personnes qui arrivent à 60 ans deviennent de grands spécialistes, et prétendent qu'il n'y, a pas de limite naturelle de vie saine. Je ne sais pas si c'est vrai, je pense que l'évolution génétique a certaines limites naturelles, mais ces limites sont repoussées de plus en plus, de 20 à 30 ans.

Les personnes âgées sont en meilleure santé aussi bien physique que mentale, ce qui entraîne un changement important. L'économie change, s'éloignant des activités physiques. Aujourd'hui les activités ne sont plus des activités physiques mais intellectuelles, de capital humain. Les compétences sont différentes et tout le monde excelle à tous les niveaux. Lorsqu'on peut travailler et qu'on ne nous oblige pas à nous retirer, notre productivité est grande. L'économie bouge, passant d'une société industrialisée à une société beaucoup plus intellectualisée et il faut encourager ce type d'emploi. Nos systèmes par répartition changent les règles continuellement et poussent de plus en plus les gens à quitter leur activité à la force de l'âge.

L'Europe a toujours été un leader et je vais vous donner quelques exemples. La France n'est pas au mieux mais ce n'est pas le pire. Les pires sont la Belgique et l'Italie. En Belgique les 2/3 des individus de 55 à 65 ans ne travaillent pas, en Italie les 3/4, en France 60 % des personnes de plus de 60 ans. Même chose en Hollande, un peu moins au Royaume-Uni et un peu moins en Allemagne. Les gens devenant plus âgés, veulent partir en retraite, mais sur quels critères ?

Regardons les pays qui ont des niveaux de revenus, une richesse et une culture comparables et une politique différente. L'exemple le plus proche est les États-Unis et le Canada où ces taux sont beaucoup plus bas. Ce n'est pas pour des raisons de santé, les Européens ne sont pas en plus mauvaise santé que les Américains, ils sont même en meilleure santé. Au Japon, autre pays de culture différente, seulement 20 % des Japonais entre 55 et 65 ans ne travaillent pas !

Essayons de voir ce qui pousse à des retraites anticipées. A quel âge peut-on prendre sa retraite, et à quel âge la prend-t-on ? En France par exemple, c'est 60 ans. Je pense que les économistes français ont certainement plus de données que moi, mais en 1972 l'âge de la retraite était de 65 ans, il n'y avait pas de retraite anticipée et en 1983, 60 ans est devenu l'âge moyen auquel on peut avoir une très bonne retraite. Les Français en ont profité. L'autre facteur est : à quel âge pouvons-nous prendre notre retraite, c'est-à-dire optimiser les allocations ? Dans tous les pays cet âge a diminué de plus en plus. La France est quelque part au milieu. Ceci est induit par la politique des autorités.

On peut établir un contraste avec le système d'épargne individuelle. Il n'y a pas de raison pour que lorsqu'on ne travaille pas, on reçoive une rente. On peut avoir une rente à 65 ans et continuer à travailler. Ce sont des décisions tout à fait indépendantes, l'une ne dépend pas de l'autre, et ne dépend pas en tout cas de l'âge de la retraite. Le système d'épargne individuelle va séparer l'âge auquel on touche une rente de l'âge de la retraite. On peut choisir l'âge auquel on veut prendre sa retraite, on doit avoir le choix, par exemple si notre santé n'est pas très bonne.

L'une des conséquences de tout ceci sera que les couches de population plus âgées, seront peut-être obligées de continuer à travailler pour avoir un revenu, pour garder leur travail ou parce qu'ils l'aiment bien. Ils pourraient contribuer au revenu national avec une cotisation pour financer la transition, et la productivité serait augmentée.

C'est une perte majeure pour l'économie dans un marché du travail qui fonctionne bien. La France malheureusement n'est pas dans cette catégorie. La France a un marché du travail qui n'est pas très bon, la libéralisation du marché doit se faire. Je regrette d'être aussi radical mais les gens ont le droit de travailler, s'ils veulent travailler, et là il y aura une contribution de taille. On ne doit pas sous-estimer les contributions potentielles, nous parlons des âges de 55, 65 ans.

L'aspect psychologique est également très important. Un des aspects le plus néfaste de la répartition est les cotisations élevées prélevées. Ces cotisations sont de 20 % en France, dans quelques pays européens les chiffres sont encore plus élevés, 15 % aux États-Unis mais comme Ed Crane l'a dit, si nous continuons de cette façon ce chiffre va s'élever dans les décennies à venir. Ce chiffre est dû au fait qu'il n'y a pas de relation entre la répartition et ce que l'on reçoit lorsqu'on part à la retraite.

On ne peut pas l'appeler une cotisation de retraite, il faut l'appeler un impôt prélevé pour financer les retraites. C'est un impôt assez important et c'est une des raisons pour lesquelles l'Europe a un tel problème, pour créer des emplois. Parallèlement il y a eu une croissance énorme aux Etats-Unis. Cela n'a rien à voir avec les temps modernes ou la technologie moderne, tout ceci a trait à la façon dont le marché fonctionne en Europe. Avec une cotisation de 40 ou 50 % imposée aux entreprises, l'Europe n'a pas d'avenir, à moins de faire des réformes immédiatement.

En répartition la cotisation est un impôt sur le revenu. Dans un système d'épargne individuelle, la retraite n'est pas un impôt mais une épargne, cela ne décourage pas les travailleurs, cela n'encourage pas les marchés parallèles parce que si vous passez au marché parallèle à ce moment là vous perdez les bénéfices.

Les avantages du système individuel privé

Il y a beaucoup d'avantages à passer dans un système individuel privé, mais le problème auquel il faut faire face est celui des engagements envers ceux qui sont à la retraite ou vont la prendre dans les 10 à 15 ans à venir. Comment avoir un système d'épargne individuelle privée, et en même temps faire face à ces obligations. Voilà le problème de transition.

La façon de faire face à ce problème est de s'attaquer à plusieurs composantes. Tout d'abord suivre l'exemple du Chili, en émettant des bons pour expliquer ce que signifie la dette flottante, importante en Grande-Bretagne et en France. Il faut dire qu'elle existe et qu'il faut la réduire. En France ce sont des obligations, aux États-Unis ce sont des bons du Trésor. Il faut s'engager de manière explicite, utiliser les instruments existants pour financer cette transition, et la rendre plus facile.

Une partie des cotisations versées pourrait être des cotisations réelles, non un impôt, et se transformer en épargne. Nous pourrions ainsi réduire les cotisations de la population active jeune, changer les impôts existants. Il ne faut pas dire que c'est une cotisation retraite, et ce n'est pas une raison pour que le financement vienne seulement des cotisations.

Les économistes partent du principe qu'un impôt sur la consommation est un meilleur impôt que l'impôt sur les salaires, et je soutiens ce point de vue. J'ai déjà participé à diverses conférences pour savoir quels étaient les meilleurs impôts. Il faut qu'ils ne soient pas seulement payés par les jeunes, mais par toute la population. Ce serait une meilleure manière de financer la transition et nous réduirions ainsi les sommes qui doivent être payées pour financer le système.

Il faut expliquer quelles sont nos obligations, il faut changer les cotisations, les réduire, faire ressortir les gens des économies souterraines, remettre tout le monde sur le marché du travail. Une combinaison de toutes ces mesures qui sont les mesures réelles, peut être prise sans changement radical, permettant une transition plus facile.

Bien sûr que si on pouvait réduire les dépenses de l'État, se serait encore mieux. Dans mes jours optimistes je pense que nous sommes en mesure de le faire, mais partons du principe que ce n'est pas possible, même si nos gouvernements nous le promettent. Il y a d'autres moyens pour faciliter la transition. Ce problème est un défi, mais pas une impossibilité comme on le prétend.

La transition peut être financée si nous l'abordons de la bonne manière, même sans réduire d'autres dépenses nationales. Elle le serait plus facilement si nous substituions certaines dépenses. Il y aurait certains gains, si les gens avaient des comptes retraite individuels. Ces personnes pourraient acheter des titres, des bons et je pense que le gain serait extrêmement important pour des pays industrialisés comme la France, comme cela a été un gain pour le Chili, qui n'avait pas de marché boursier, mais qui s'est développé. Aux Etats-Unis et en France, nous avons des marchés de capitaux très développés. La plupart des gens épargnent sous d'autres formes, en titres, en actions, en fonds de retraite complémentaire.

Comment faire pour apporter des ajustements marginaux ? Les personnes à faible revenu en tireraient le plus grand bénéfice. Dans un système privé ces personnes pourraient acheter des bons, des obligations du gouvernement, et elles pourraient cotiser à deux systèmes: un système privé et un système par répartition. Plus généralement je pense que le fait que toute la population maîtrisera elle-même sa retraite dans une large mesure, et ne dépendra plus du processus politique. Ceci pour moi est très important, et je pense que la plupart des personnes préfèrent prendre elles-mêmes leurs décisions, contrôler leurs actifs, savoir qu'elles ont 50, 100, 350 ou 500 000 F, quelle que soit la somme.

Je ne sais pas pour la France, mais questions nous obtenir du système américain ? Peut-être rien. On ne nous le dit que très peu, puisqu'il s'agit de fonctionnaires. Ce n'est pas un volontarisme, personne n'est obligé de nous dire quelque chose. Ce serait bien si les personnes pouvaient contrôler elles-mêmes leurs actifs, pouvaient voir leurs propres portefeuilles. Je pense que les gens veulent savoir ce dont ils disposent.

Je voudrais parler de deux autres questions avant de conclure. Souvent les systèmes de retraite privés ont été critiqués. Il a été dit qu'ils étaient chers à gérer. Certaines expériences ont été faites au Chili. Regardez aux États-Unis ou en France, les caisses ne dépensent pratiquement rien, alors que les fonds de retraite dépensent une partie de leurs actifs. Au Chili par exemple, ce n'est pas négligeable.

Compétitivité et non pas monopole

Le système de retraite actuel ne donne rien, il est très facile de réduire les dépenses si l'on ne donne rien en retour. C'est un système de monopole, les individus n'ont pas de choix pour investir leur argent. Tous les monopoles ont la tâche facile lorsqu'il n'y a pas de concurrence. Si c'était bon, nous pourrions peut-être monopoliser toute l'industrie, ce qui a été fait en Europe. Aujourd'hui on a plutôt tendance à privatiser, car les monopoles ont des problèmes considérables. Ce n'est pas bon pour le fonctionnement d'une industrie, qu'il s'agisse des télécommunications, des transports ou des systèmes de retraite. Il faut obliger les sociétés à entrer dans un système de compétitivité, et alors elles innovent, elles investissent, elles fournissent des informations aux individus sur leurs actifs, etc. Cela coûte certes de l'argent, mais ce sont des avantages, non l'inverse.

Je vais vous donner une conclusion encore plus paradoxale. Certains ont étudié des industries avant et après la possibilité de faire de la publicité. L'industrie des verres de lunettes n'avait pas la possibilité de faire de la publicité. La législation ayant changé, elle a pu en faire. Les lunettes auraient dû augmenter, car la publicité coûte cher. La conclusion de l'étude a été une bombe : les États qui ont permis la publicité avaient des prix moins élevés. On s'est alors demandé s'il n'y avait pas un problème d'arithmétique. La publicité est chère, il faut l'ajouter au prix de production et les prix doivent augmenter, ce que pensent la plupart des économistes, mais c'est faux. La publicité a fait diminuer les coûts, en permettant aux entreprises de commercialiser avec plus d'efficacité. En accroissant la production, les prix baissent, même en tenant compte des frais de publicité. Je pense que c'est la même chose pour les comptes de retraite privés, et c'est mieux que le système actuel qui ne nous dit rien.

La question qui se pose est le rendement des actifs. Dans un système privé, sera-t-il plus important que dans un système public monopolisé ? net de toute dépense publicitaire ? Au Chili ou en Argentine, le rendement tenant compte de la publicité est excellent. Le Chili a eu un boom, résultant en partie de la privatisation mais également d'autres facteurs. t'Argentine n'a pas eu ce boom, et la privatisation est en cours depuis 5 ans. Le rendement n'y est pas aussi bon qu'au Chili, mais il est assez bon et il s'améliore. On conseille, lorsqu'on évalue le système de voir quel est le rendement net que ces fonds de pension obtiennent, hors frais de gestion.

Je suis convaincu sur la base des preuves que nous avons accumulées jusqu'à présent, que les avantages de l'entrée dans la concurrence permettent d'avoir des taux très supérieurs à ceux obtenus par un système de monopole. Les systèmes de retraite privés sont pour moi beaucoup plus avantageux que la répartition.

Cotisations volontaires et non pas obligatoires

Un autre aspect que j'aborderai brièvement, est de savoir si les cotisations à ces comptes doivent être obligatoires ou volontaires. Au Chili, au début elles étaient obligatoires, mais tout ceci a été construit de manière très ingénieuse, et cette cotisation obligatoire est progressivement remplacée par d'autres possibilités de cotiser à ces fonds.

Nous voulons faire deux choses. Nous voulons avoir un niveau de retraite correct pour tous, même si les personnes ont été au chômage. Dans la plupart des sociétés on veut être sûr que les personnes âgées obtiennent un niveau de vie minimum. C'est l'une des choses que nous voulons garantir, par des cotisations obligatoires qui diminueront de plus en plus. Pour le reste, je pense que la plupart des personnes épargneront pour leur retraite, d'autant plus qu'il s'agit de leur propre retraite, non pas des cotisations actuellement payées dans le système de répartition, dépensées pour payer la retraite de quelqu'un d'autre.

Les épargnes doivent être déductibles des impôts et J'espère que nous arriverons à un impôt sur la consommation, qu'il n'y aura pas de double taxation comme cela existe aujourd'hui à l'entrée et à la sortie. Il faut un portefeuille que vous aurez choisi vous-même, que vous pourrez évaluer tous les mois. La compétition entre les différentes sociétés qui essaieront de vous vendre des produits moins chers encouragera l'épargne.

J'anticipe sur le fait que la grande majorité de la population épargnera, obtiendra nettement plus que ce que leur promet la répartition. Au moins elle aura épargné par elle-même. Bien sûr il y en aura qui seront exclus de ce système. Il y a toujours une minorité, il faut baser le système sur ce que la majorité de la population veut.

J'ai essayé de parler des divers avantages d'une épargne retraite individuelle, et je suis un très grand partisan de ce système, Même si je parle de divers avantages d'autres systèmes, même si je remets en question certains des avantages de celui-ci ils existent et ils sont énormes.

L'un d'eux est justement, plus en Europe que dans mon propre pays, de vous détourner de plus en plus de votre système politico-économique, de vous en éloigner le plus possible pour ramener tout le monde à la vie active, réduire les cotisations et les taxes, éliminer de plus en plus l'économie souterraine, pour que chacun se rende compte qu'il maîtrise lui-même son avenir, sa vieillesse, comme d'autres aspects de sa vie. Vous ne serez plus les esclaves du système, mais les maîtres de votre vie, et si vous avancez dans cette direction les problèmes de transition seront de plus en plus faciles à résoudre.

Extrait du Bulletin de l'Association pour la Liberté Economique et le Progrès Social (ALEPS) 35, avenue Mac-Mahon - 75017 Paris - Tel : 01 43 80 55 18 - Fax : 01 48 88 97 57